‹ Légendes locales de la Haute-BretagneChapitre 24 sur 69 · LES FEES DES HOULES · texte numérisé non relu

LES FEES DES HOULES

pagne ; car ils 6taient tres « jouasses ». Ce sont eux qui la nuit viennent embrouiller la queue des chevaux, mettre les cochobs k courir, et ouvrir les poulaillers. S'ils ne sont pas grands, ils sont tres forts et ils peuvent sansseg^ner lancer a pres d*une lieue des pierres grosses commeune maison ; e'estainsi qu'ils ont jet6 les pierres qu'on dit tomb^es du ciel et les gros cailloux que Ton voit dans le milieu des pr6s sans savoir qui les y a mis.

lis se plaisaient aussi k ealever des enfants et k mettre a leur place de vilains petits ^tres qui ne grandissaient pas, letaient toujours et avaient une figure vieillote. Une femme avait emporte son fils dans les champs ; les Jetins le prirent et lui substitu^rent un de leurs rejetons. Comme il ne grandissait pas, la femme alia consulter un de ses voisins, qui lui recommanda de mettre une douzaine decoquilles d'oeufs remplisd'eau k bouillir devant le feu. Quand le petit se reveilla, il s'ecria : « J'ai quatre-vingt dix ans et je n'avais jamais vu tant de petits pots bouillants d.

La bonne femme lui demanda o(i 6tait son gars et il repondil que les Jetins Tavaient emportt^ dans leur trou pour en avoir de la race. Elle alia encore consulter le bonhomme, et, d'aprfes son conseil, elle porta le petit an bord du trou, et cria qu'elle allait le tuer si on ne lui rendait pas son gars. Le petit Jetin se mit k pousser les hauls

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cris, et la bonne femme commenga k frapper lout autour de lui. An bout d'un quart d'heure, on vit venir un petit homme qui tenait par la main un beau gars de dix ans, et qui, ayant pris le petit Jetin dans ses bras, Temporlabien vite dans son trou. Un jour qu'un bonhomfne etait all<§ charruer et s'^tait endormi, il ne se r6veilla qu'i la nuit close, et il s'6cria : « Janigu6, j'ai-t-i grand faim ! »> aussit6t il vit accourir une vingtaine de petits homines, pas plus grands que des petits cochons de lait, qui lui direntqu'ils^taientles Jetinsde Saint- Suliac, et Tinviterent h manger avec eux des gftches toutes chaudes, en lui disant de revenir le lendemain. Le bonhomme, rentr6 chez-lui, raconta son aventure, et son domestique, qui n'etait point peureux, demanda k I'accompagner. Quand il lit nuit, ils appelerent les Jetins, et tout se passa comme la veille : une grande table fat servie^ bien garnie de gAches, de bon cidre, de saucisses et de lard. Apr6s avoir fait un bon repas, le domestique mit dans sa poche un des couteaux des Jetins pour le rapporler au village, et le montrer k ceux qui n'auraient pas cru qu'il avail mang6 avec Ics nains ; mais quand il voulul se lever, cela lui fut impossible, et les Jetins lui dirent qu'il ne pourrait bouger de l^ qu'apres avoir rendu leur couteau *.

1. De I'autre c6t6 de la Ranee, a Pleurtuit, il y a une cache a fions au Pont-aux-IIommes n^es (noirs), et Ton

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