LE SABLE ET LES DUNES
pour cela, dit-on, qu'^ Saint-Malo, quand le chat fait son ron-ron, on dit qu'il « file son rouet ».
Dans la Loire-Inf^rieure, un village nomm^ Escoublac, est enseveli sous les sables ; il y a une quarantaine d'ann^es, on voyait encore ^merger le coq du clocher : renvahissement des sables est attribue k une cause surnaturelle ; voici le r6cit de C. d'Amezeuil.
Non loin de Gu^rande s'61evait nagu^re un grand et beau village qui s'appeiait £scoublac, et dont les habitants s'^taient enrichis en faisant le commerce de sel. Mais ils 6taient devenus corrompus ; une nuit on entendit une voix qui disait aux ^gens d'Escoublac de se convertir. lis ne T^coutferentpas: rOc6an brisant les digues qui le r^enaient captif, couvrit tout le village et il disparut enseveli sous une montagne de sable. Le nouveau village s'^leva du milieu des sables qui ont abim6 Tancien.
Paul Sebillot. Petite Legende rfore'e, p. 26 ; Eugene Herpin. La cdte d'Emeraude, p. 214-7. C. d'AMEZEUiL. Rccits bretons, p. 126.
La Mer souterraine
'APRfes une croyance singuii^re que j'aiconstat^e plusieurs fois, la mer s'avance souterrainement assez loin dans Tinlerieur de la lerre, ety forme des especes de baies que recouvre une sorte de plafond en rochers et en lerre, generalement d'une grande epaisseur, mais parfois assez mince } un de ces endroits est pr^s de la source du Gouessan, au pied du Mene, k 30 kilometres du rivage, k vol d'oiseau. Un jour que la duchesse de Rohan 6tait forc^ede voyager par 1^, elle ordonna ^son cocher de fouetter ses chevaux, parcequ'elle savait que la route passait sur un bras de mer souterrain.