‹ Légendes locales de la Haute-BretagneChapitre 28 sur 69 · LES EMPREINTES · texte numérisé non relu

LES EMPREINTES

Ernoul de la Cheneliere. Inventaire des megalithes des CdteS'du-Nord^ p. 38 ; Leo Desaivre, Le Mythe de la Meriusine, p. 82; P. Bi^zier. Inventaire des megalithes de rille-et-Vilaine , p. 13, 16, iS,lS ; Lycee armoricain, t. VI, p. 383; P. Bezier, 1. c, p. 31, 53; Revue des Traditions populaires , t. VII, p. 428; Paul Sebillot. Traditions de la Haute-Bretagne, t. I, p. 37; Paul Sebillot. Petite Legende dorde, p. 40, 41, 50, 55, 58, 68, etc.; Paul Sebillot. Gargantua, p. 13, 30, 45. Guillotin de Corson. Recits hist, P. Bezier. Inventaire, p. 80.

Les Grottes naturelles

3^ ES grottes, si nombreuses et si imposantes ^ aail sur le littoral de la Haute-Bretagne, sont assez rares dans Tint^rieur des terres, k moins qu'il ne s'agisse des Assures que Ton remarque entre les gros blocs, et des trous, d'origine incertaine, qui se voient quelquefois au-dessous. Je parlerai plus loiu de celles-ci, k Toccasion des fees terrestres qui, d'apr^s tout un groupe de legendes, y faisaient leur residence. Ici, je m'occuperai seulement de quelques cavernes un pen plus imporlantes, situ^es en general sur des especes de falaises dans le voisinage des cours d'eau ; elles rappellent un peu les houles de la c6te, et sont comme elles Tobjet de croyances 16gendaires.

r/est assez rarement qu'on les represente comme ayant 6te la residence de fees. Celles du Cas Margot, pr^s de Moncontour, habilaient une excavation creus6e dans le rocher, situe au bord d'une riviere, etoD on leur atlribuait k peu pr^s les m^mes gestes qu'aux Margot la fee, dont on verra ci-apres

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la monographie. Gette grotte, k ce qu*on assurait, s'^tendait k plusieurs lieues sous terre, et jamais on n'avait pu decider leschiens h y penetrer.

A LangoD, la grolle du Pertuis-Fourtifere, sur les bords de la Vilaine, est une excavation naturelle, dont Torifice est k cinq k six metres du chemin de halage, etdans laquelle on peut p^n^trer jusqu'i une quinzaine de metres ; elle s'elargit alors, dit la legende, ct s'etend sous terre, comme une chambre, jusqu'en face la gare de Laogon. Une fois, on y vit entrer des moutons qui ne reparurent jamais ; si on y introduit une oie blanche, elle ressort dans la Vilaine, k Port-de-Roche, avec un plumage noir ; si I'oie est noire, elle r^apparalt blanche.

A Le Verger, pr^s Montfort, une grotte naturelle sur le bord du ruisseau de Rohuel, s'appelle la Chambre des sorciers ; on pretend que ceux du payss'y reunissaientpourrendre la justice, decider des executions et interroger I'avenir; les sorciers y tiennent leur sabbat, le jour du Carnaval ; enfm jadis Ton y aurait cach^ des armes.

Paul S#.billot. Traditions, t. I., p. 106, 108; P. B6ziER. Supplement J p. 76, 119.

Les Montagnes et les Gollines

lEN que le solde la Bretagne soil presque partout tr6s-mouvement6, on u'y voit pasde reliefs comparables aux montagnes de nos frontiferes et k celles du centre de la France. Les sommeis les plus eleves n'y depassent gu6re 300 metres. (Bel-Air en Trebry, point culminant, est a 340 metres) et Ton y accede par des pentes qui sont rarement difliciles k gravir. Si Ton en exceple r^tendue et la beaute du panorama que Ton y d^couvre, la sauvagcrie des environs, nulle part les 616vations que Ton decore du nom de montagnes ne pr6senlent des aspects de nature^ frapper d'(§tonnement et de crainte. Aussi les 16gendes destinees k expliquer leur origine ou leurs particularit^s sont assez rares. Je ne connais guere dans cet ordre d'id^es que la tradition que nous a conserv^e Thomas de Saint-Mars, et encore, en depit du nom, elle ne se rapporte qu'k unecolline : Gargantua « en fyantant et en compissant » forma le mo^t'.Gargan, k quelque distance de Nantes.

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