‹ Légendes locales de la Haute-BretagneChapitre 51 sur 69 · LE CLERGE ET LES SEIGNEURS · texte numérisé non relu

LE CLERGE ET LES SEIGNEURS

tua le chapelain d'un coup de pistolet. C'est pour cela que, la nuit, on voit dans le bois de Caslou lin pr^tre qui cherche una hoslie. On raconte pres de la, h. Irodotier, que le dernier seigneur de la Garenne fut oblige de fair pour avoir assassin^ un pr^tre.

C'est probablement pour d'aulres raisons, que Ton n'explique pas d'ailleurs, que le seigneur de Gourmalon se porta h des voies de fait vis-^-vis d'un pr6lre, et qu'il en fut puni presque aussitot ; II y a bien longtenips le Gros-Mo^lan 6tait un magniGque chateau habite par un seigneur puissamment riche et fort impie. Parmi ses servileurs ce seigneur a\ait une jeune fiUe d'une grande piet6 qui, malgre les sarcasmes de son maitre, ne manquait point d'aller entendre la messe le dimanche ni de pratiquer discretement ses autres devoirs religieux. Un jour de grande f6te, qu'elle assistait d Toffice divin dans I'^glise de Goven, elle vit son seigneur et mailre entrer el se dinger vers I'autel, en menacant le pr^tre qui servait la messe. Epouvant^e k Tidee du sacrilege qu'il commettail, elle quitta precipitament le saint lieu et se rendit en toute hdle au manoir, ou elle arriva presque en m6me temps que son maitre, qui avail suivi un autre chemin. Elle avail franchi la cour d'entr^e, et allait pen(§lrer dans I'inlc^rieur du chdleau quand le chant d'un oiseau perche au-dessus de laporte,

frappa son oreille. L'oiseau disail : « Serre tes hardes ! serre tes hardes et sauve-toi I » La pauvre eafant fit h la h&te un 16ger paquet de ce qu'elle possedait et s'eDfuit. A peine avait-elle d6pass6 la muraille ext^rieure qu'un bruit ^pouvantable la fit se retourner et regarder en arrifere : c*6lait le vieux donjon qu'une invisible puissance secouait par sa base, et qui s*6croulait en ensevelissant sous ses d^combres le sacrilege chatelain.

Cette Idgende, qui fut cont^e k M. B^zier, avait 6t6 recueillie quelques ann^es auparavant par le chanoine Guillotin de Corson qyi ]'ains6ree dans ses R^cits hisioriques. Elle ne diff^re de celle-ci que par les details ; la jeune fille venait de recevoir la communion quand elle sortit de T^glise, et Tepisode de Toiseau est ainsi racont6 : Lorsqu'elle fut proche du chdteau, Tenfant apergut pres d'elle un oiseau qui chanlait merveilleusemenl. Elle prit plaisir k T^couter, et quand elle fut arrivee k la porte du manoir, elle le vil voltiger devant elle, cherchant en quelque sorte k remp^cher d'entrer ; en vain, voulut-elle le chasser, le petit oiseau se percha sur la porte entr'ouverte et continua sa melodieuse chanson. Alors il sembla k la jeune fille que c'^tait 1^ un avertissement du ciel^ car Toiseau semblait lui dire en son charraant langage : « Enfant, n'entre pas dans cette maison maudite I » EUe s'eloigna done du ch&teau

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