LE GLER6E ET LES SEIGNEURS S
et aussit6t I'oiseau la suivit en chanlant. Quand le chateau fut ^croule, I'oiseau disparut.
Dulaureas de la Barre a racont6, avec beaucoup d'embellissemeats, une legendedont il avail peut-6tre recueilli les Elements k Trehorenteuc : Un seigneur de ce pays rencontre un moine et Temmene k son chdteau, sous pr^texte de lui faire dire la messe ; en m6me temps il envoie un de ses affid^s au monastere de Saint-Meen en le chargeant de dire au prieur que si, sous trois jours, il n'a pas cent ecus d'or pour la rancon du moine, il ira brAler son convent, et pendra le moine.
Au chdteau de la Hunaudaye, on montre encore sur la parol dune des tours, des sculptures reprdsentant la Passion et diverses autres scenes, et Ton assure qu'elles ont 6ld sculpt6es k Taide d'un clou par un moine que le seigneur de la Hunaudaye y avait tenu enferm6 pendant de nombreux mois. II est probable que cette legende a pour point de depart un fait vrai, peut-^tre celui qui est ainsi rapporte par Habasque: En 1589, Francois Richard prieur, aussit6t la messe dite, fut prins par des soldats de la garnison qui estoit alors au chasteau de la Hunaudaye, conduit et mene audict chasteau, par les menees et intelligence de Jacques de'Launay, Tun des religieux. 11 fut mis en bassefosse, od il resta jusqu'au moment oCi il parvint k se sauver k Lamballe.
S8 L^GENDES LOCALES DE LA HAUTE-fiRBTAGNE
Voici ce qu'on raconte encore aux environs au sujet de ces sculptures : Une dame de Tournemine, k qui ^tait le chateau de la Hunaudaye, menait une vie debauchee. Un moine de Saint-Aubin vint lui faire des remontranees ; mais elle le flt saisir el enfermer dans la tour 0(1 Ton voit sculptes sur la pierre les instruments de la Passion. II y resla dix ans. Madame de Tournemine ^tait joueuse, et elle attirait les seigneurs k son chMeau. Un jour elle en avail ruin6 un, et elle voulail encore le forcer k jouer. <c Je n'ai plus rien, repondit-il. — Jouons tout de m6me. — Alors, je joue la liberie du moine. » II gagna, el on mil le moine d s'en aller lout seul ; il 6lail devenu presque aveugle el il mourut sur la lande de Saint-Aubin, avant d'avoir pu arriver a son convent.
D'aulres moines, mis en presence de seigneurs, s'en tirenl a meilleur compte, gr^ce k leur fmesse. Le marquis de Coentenfao, seigneur de La Roche-Giffard, elait k la fm du XVII* siecle la lerreur de ses vassaux, et surtout des cordeliers du convent de Saint-Martin, situe pres du chMeau de La Roche, dans la for^t de Teillay. Un moine de Saint-Martin avail, en d6pit du ch^timent auquel il s'exposail^ tendu des collets dans la for^t pour alimenler le garde-manger de son convent. Un jour il fut surpris par un garde et amen^ devant son seigneur. Celui-ci, furieux de voir qu'on Ta-