‹ Légendes pour les enfantsChapitre 21 sur 28 · Une âme simple · texte numérisé non relu

Une âme simple

■^-.jsaS 188 (Pj2z^^

un loup fait un troupeau de brebis. Tout le monde en était ébahi , car il frappait sur cette canaille comme le boucher sur la chair de boucherie, et nul n'échappait. Chacun des gens de l'empereur prenait garde à ce chevalier; mais, quand la bataille fut finie, nul ne put dire ce que ce chevalier devint, hormis la fille de l'empereur, qui vit Robert s'armer et se désarmer comme la première fois; mais elle garda le secret.

Comment Robert gagna la troisième bataille, où tous les Sarrasins furent tués.

Peu de temps après l'armée des Sarrasins revint, avec une plus grande puissance, devant la cité de Rome. Mal leur en prit, car ils y demeurèrent tous, grâce à Robert.

Avant que l'empereur allât les combattre , il manda ses chevaliers et leur ordonna, si le chevalier blanc revenait, de faire tout leur possible pour le prendre, afin qu'il sût de quelle nation il était. Les chevaliers répondirent qu'ils le feraient.

Quand la journée fut venue, grand nombre des meilleurs chevaliers de l'empereur s'en allèrent en un bois , en embuscade , pour essayer de prendre le chevalier blanc; mais ils perdirent leur peine ,

-iiSSiS 189 ecii^

car ils ne purent savoir d'où il venait. Quand ils le virent batailler, ils sortirent tous du bois ; là

vous eussiez vu de grands coups se donner, harnais reluire , trompettes et clairons sonner pour épouvanter les Sarrasins, et lances se rompre, et

-^'^«ïsS 190 (^^5^i"/^^

gens et chevaux tomber; c'était plaisir à voir cette fête. Robert, qui était venu sur son cheval blanc et avec ses blanches armes , se mit au plus fort de la mêlée, et nul, si hardi qu'il fût, n'osail l'attendre, à cause des grands coups qu'il donnait, car il frappait d'estoc et de taille \ et ne perdait pas un coup. A l'un il rompait la tête , à l'autre les reins : tous demeurèrent morts.

Les Romains se ralliaient autour de lui et prenaient courage. De la grande joie qu'ils avaient de voir Robert ainsi besogner contre cette canaille, la force leur croissait tellement , qu'avec son aide tous les Sarrasins furent occis : de quoi on eut grande joie en la cité de Rome.

Comment un des chevaliers de l'empereur mit un fer de lance dans la cuisse de Robert.

Quand la journée fut passée et la bataille gagnée, chacun s'en retourna à son hôtel , et Robert voulut aller vers la fontaine du verger pour quitter ses armes, comme il avait déjà fait deux fois; mais les chevaliers qui s'étaient remis en embuscade dans le bois sortirent tous ensemble, disant : « Sei-

Page 1