‹ Légendes provençalesChapitre 18 sur 28 · LA COURTISANE · texte numérisé non relu

LA COURTISANE

. . r/estait la plun brave et belle courtisane veue de lnnfl;temps en Provence. Geste dame tenait cour d'amour ouverte en Avignon.

^OSTRADAMUS.

Le soleil, traversant la vitre diaphane,

Eclairait un boudoir de riche courtisane.

Sur de moelleux coussins, étendue à demi,

Là, Tricline parjure oubliait son ami.

Quelques jeunes seigneurs, fats, bruyants ou stupides,

Devant elle étalaient leurs grâces insipides ;

Et, tandis que dans Tor étincelait le vin,

Le blasphème éclatait en des rires sans fin.

Mais trois coups répétés d'une main furieuse

Interrompent l'ardeur de cette humeur joyeuse.

La porte que tourmente un formidable bras

S'ébranle sur s5s gonds, crie et vole en éclats.

Repoussant ces débris, arrachant la portière,

Un chevalier, tout pâle et souillé de poussière ,

TRICLINE. 109

S'élance comme un spectre envoyé de l'enfer.

Pesant comme la mort^ son gantelet de fer Disperse les buveurs, les terrasse, les broie ; Puis, semblable au milan qui saisit une proie, Sur Tricline éperdue et tombée à genoux Loys fond écumant de haine et de courroux :

Loin de ces lieux impurs il l'emporte avec rage. Le tonnerre est moins prompt dans son brûlant passage.

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