‹ Légendes provençalesChapitre 3 sur 28 · A SILVIO PELLICO · texte numérisé non relu

A SILVIO PELLICO

Si, du domaine de l'art , je passais à celui des relations sociales, j'y voyais prodiguée aux sentiments élevés et généreux la part de mépris qui devrait être le châtiment de l'abjection et de Fégoïsme, et l'homme souffrant moins de ses vices que de ses vertus.

Et je me demandais si le mal n'était pas le bien, et si je ne devais pas prendre en dérision ma vie passée ?

Votre lettre , ô Pellico , fut une réponse providentielle à cette fatale question : vous applaudissiez à mes premiers pas, vous m'encouragiez a persister dans la voie que je m'étais choisie, et vous me recommandiez de faire un bon emploi de ce que vous vouliez bien appeler d'heureux dons .

Ces paroles étaient simples autant que bonnes , venant de vous, la sincérité ne pouvait en être douteuse. Sans m'enorgueillir de Votre éloge , j'y puisai la force dont j'avais besoin , et c'est à vous que j'offre aujourd'hui ce fruit de mes travaux ; je me plais à vous le soumettre, car votre voix est de celles dont un seul mot a plus de valeur que les clameurs de tout un siècle.

Nîmes , décembre 1838.

Ceci n'est pas un poème , mais un simple récit en prose cadencée et quelque peu rimée. Lorsque j'ai voulu le relire deux années après l'avoir écrit, je l'ai trouvé tellement pâle et dépourvu de ces fleurs de style qui constituent la poésie, qu'un moment j'ai eu la pensée de lui donner tout-à-fait les modestes allures de la prose. Cependant il m'a semblé que quelques passages perdraient à cette transformation : je me suis borné à rendre l'ensemble aussi correct que je l'ai pu , et je le publie malgré ce qu'il peut avoir de défectueux, parce que je crois que la pensée fondamentale de ce petit ouvrage est de celles que l'on ne saurait trop rappeler en nos jours de passions, de désespoirs frénétiques et d'ambitions immodérées.

A SILVIO PKLLIGO

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