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gende qui peut être une histoire vraie ; mais le roi n'oubliera point que ces récréations ne lui conviennent qu'autant qu'elles lui sont, pour ainsi dire, nécessaires ; il ne s'y attardera donc pas et ne les prolongera point au-delà du temps convenable.
4. Le roi évitera la morgue, mais aussi la familiarité; le poète reviendra sur cette prescription, au çloka 10, dédoublant ainsi cette qualité de bonté sans bassesse, d'aménité sans familiarité.
Le courage, la bravoure est une vertu essentiellement royale, mais le prince laissera la fanfaronnade à la soldatesque. Une intrépidité froide et sans jactance, voilà ce qui lui sied.
Tout en se montrant généreux, il aura soin de ne pas égarer ses libéralités sur des gens indignes. L'expression originale est ici particulièrement pittoresque, nâpâtravarsin : il n'épanchera pas (ses faveurs) dans des vases qui n'en sont pas, dans des vases fêlés ou souillés, incapables de garder ou indignes de recevoir une liqueur précieuse, comme l'est la bienveillance royale.
5. Le roi ne s'alliera point à des gens sans noblesse, ou, suivant le texte, à des hommes qui neso*\t pas des Ariens, ces anciens conquérants de l'Inde dont se réclamaient les castes supérieures.
Le poète recommande au prince de ne laisser jamais ses espions manquer de rien. Le service de l'espionnage était l'un des plus importants;
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aucune idée de déshonneur ne s'attachait au métier d'espion; toutefois, comme, en général, ceux qui le pratiquent ne pèchent pas par excès de scrupule, ni de loyauté, ce n'était qu'à force de libéralités que le prince se les assurait, d'autant plus qu'ils se vendaient souvent au dernier enchérisseur.
6. La discrétion est une vertu particulièrement nécessaire au prince dont toutes les paroles ont une portée considérable.
On lui recommande aussi de s'entretenir volontiers des mérites d'autrui, de faire valoir les qualités et les services du prochain, mais de se taire sur ses propres vertus, « ce qui ferait sourire les auditeurs, » observe la glose. Il laissera aux autres le soin de le louer, et certes jamais roi, de mémoire de courtisans, ne manqua de thuriféraires, de sorte qu'il peut fort bien se dispenser de balancer lui-même l'encensoir devant sa propre personne.
L'appui des méchants est la canne de roseau dont parle l'Ecriture, qui se brise et perce la main appuyée sur elle (i). Toutefois, le monarque ne pouvant se passer de soutien, ni de conseil, se retournera vers les gens de bien, aux dépens de qui le poète lui prescrit de ne point ' s'enrichir^ lui donnant à entendre qu'il peut fort légitimement le faire, au détriment des méchants.
(i) Isaie, XXXVI, 6.
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Seulement, il est à craindre qu'un roi plus cupide que scrupuleux décrète méchant homme le riche dont il convoite les biens.
7. Exercer la justice, réprimer les excès, le prince y est tenu, mais il ne doit pas le faire sans procéder à un sérieux examen, ses jugements étant sans appel ont besoin d'être plus réfléchis et les cas qu'il s'agit de décider plus mûrement examinés.
 moins qu'il ne soit obligé de prendre conseil, le roi ne dévoilera point ses projets; car, s'il est bon de ne point découvrir le secret du roi (i), il est meilleur encore pour celui-ci de garder pour lui seul ce secret, sans le révéler, sauf nécessité, à un confident si discret qu'il soit.
Le prince n'enrichira pt)int les gens cupides et rapaces ; — ils se chargeront de cette besogne; — il réservera ses faveurs pour les hommes de mérite et de désintéressement qui ne réclament rien et qui sont dignes de tout.
La prudence obligera le prince à ne plus se fier à ceux qui auront, une première fois, trahi sa confiance et qui dès lors peuvent de nouveau le tromper; il choisira soigneusement ses conseillers et ses ministres, et il éliminera ceux qui n'auront point répondu à son attente et se seront montrés infidèles.
(1) Tob , XII, 7.
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8. La polygamie est autorisée par ces vieux textes, mais on y recommande, en même temps, la fidélité conjugalersurtout aux rois qui sont plus exposés que d'autres, peut-être, à y manquer. C'est dans cette fidélité, comme aussi dans l'accomplissement des prescriptions légales, que consiste la pureté dont parle ici le poète.
Après avoir mis le prince en défiance contre une indulgence excessive qui dégénérerait facilement en faiblesse, on lui parle du respect qu'il doit avoir pour les femmes, sans toutefois tomber dans une pruderie excessive. C'est à lui de voir ce que les convenances lui permettent et ce qu'elles lui interdisent.
Comme sa santé est précieuse à son peuple, le prince la ménagera non seulement en ne se nourrissant que d'aliments sains, mais aussi, bien qu'on ne l'ajoute pas, en fuyant les excès de table, qui devaient être assez rares, surtout les excès de boissons, car les liqueurs enivrantes étaient le plus souvent prohibées dans l'Inde ancienne, et c'est Tune des prescriptions qui furent le plus fidèlement observées.
9. Les gourous, ces instituteurs par excellence de la race hindoue, sont signalés, et ce n'est que justice, à la vénération spéciale du prince qui devra la leur témoigner, non seulement par des marques extérieures de déférence et de respect, ce qui serait une dérision, une déloyauté même, s'il se bornait là, mais par des services réels.
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appréciables, par des dons et des libéralités de tout genre.Le poète, qui certainement appartient à la caste brahmanique dans les rangs de laquelle se recrutaient exclusivement les gourous, n'a garde d'oublier les siens, qu'il s'agisse, du reste, d'un seul auteur du Mahâbhârata ou de plusieurs, de toute une série, si l'on veut.
Les dieux refusent les hommages qui ne sont point sincères. Ici encore, du moins j'en ai bien peur, ce qui déterminait le plus ou moins de sincérité de ces hommages, c'étaient les offrandes et surtout les dakshinds plus ou moins abondantes, plus ou moins riches qui les accompagnaient. L'obole de la pauvre veuve n'eût certes pas été re jetée (i), — on ne rejetait rien, — mais elle eût été fort peu appréciée.
Il n'est pas défendu au roi d'étendre ses domaines, pourvu qu'il le fasse par des moyens dont il n'ait pas^ à rougir. Nous savons déjà qu'il doit éviter de s'enrichir des dépouilles d'hommes de bien.
lo. On nous a dit que le roi devait être affa" ble sans familiarité (çloka 4); ici on lui recommande d'être respectueux sans bassesse. Il y a, sans doute, une nuance entre ces deux prescriptions, mais seulement une nuance, et les deux préceptes n'en font guère qu'un.
L'habileté, la finesse ne sont pas défendues au
d) Cf. Marc, xxi, 41 ; — Luc, xxi, i.