‹ Légendes révolutionnaires (volume 2)Chapitre 34 sur 81 · Aussitôt ils allèrent (danÀ la maison) du cha · texte numérisé non relu

Aussitôt ils allèrent (danÀ la maison) du cha

cal et en rapportèrent les viandes. Le tigre, reconnaissant le mets dérobé et ayant ouï leur discours,

57. Alors commanda : c Que le chacal périsse ! • La mère du tigre,entendant sa voix,

38. Essaya de le calmer par de sages paroles : Mon fils, il ne faut pas accueillir un bruit semé perfidement.

59. Les méchants s'efforcent de perdre le juste par des imputations fausses et calomnieuses.

Les âmes vénales, dans leur penchant à la haine, ne supportent pas la prospérité (d'autrui).

60. L'homme vertueux et pur n'échappe pas à la calomnie, pas même l'ascète, dans la forêt où il vaque à ses dévotions.

61. Il y a trois classes de gens: les amis, les indifférents, les ennemis. Les gens cupides haïssent ceux qui sont désintéressés; les paresseux (haïssent) les gens actifs.

62. Les sages sont haïs des insensés; les riches, des pauvres; les justes, des pervers; ceux qui sont doués de beauté sont haïs de ceux qui en sont dépourvus.

63. Beaucoup de personnes instruites, perverses, ambitieuses, rusées, ont coutume d'incrimi-

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ner l'innocent, fût-il doué de la sagesse de Brihaspati.

64. Ta demeure était déserte, lorsque la viande a été volée. (Le chacal) refuse même celle qu'on lui donne; réfléchis bien à cela.

65. Les coquins (ont parfois) l'air d'honnêtes gens et les honnêtes gens (parfois) l'air de coquins. Les êtres ont une physionomie complexe ; il faut y prendre garde.

66. Ainsi, l'atmosphère ressemble à quelque chose de solide et le ver luisant à un brandon de feu, et pourtant il n'y a rien de solide dans l'atmosphère,et le lampyre n'est pas un tison allumé.

67. Ainsi donc il est convenable que tu examines TafFaire avant (de prendre une décision); cet examen t'instruira de ce que (tu dois faire), et plus tard tu n'auras point lieu de te repentir.

68. Il n'est pas difficile au puissant de châtier son ennemi, ô mon fils ; mais le monde célèbre et glorifie la longanimité des forts.

69. Elevé par toi aux honneurs, (le chacal), ô mon fils, s'est rendu illustre, même chez les (peuples) voisins. Un serviteur digne de confiance se rencontre difficilement ; celui-ci est ton ami, conserve-le.

70. (Le prince) qui accueille les accusations calomnieuses,portées contre un innocent par des ministres, coupables eux-mêmes (des crimes qu'ils lui imputent), va rapidement à sa perte.

71. Cependant un personnage vertueux, sortant de la foule des ennemis du chacal,dévoila le complot perfide.

72. Le (chacal), dont la conduite fut alors reconnue (irréprochable), fut (de nouveau) comblé de prévenances par le roi qui le renvoya absous (de cette fausse accusation) et qui Tembrassa tendrement à diverses reprises.

73. Saluant le roi des animaux, le chacal, qui savait l'art de se conduire et que cet incident avait rempli de douleur, souhaita d'observer le prâya.

74. Le tigre, les yeux remplis de larmes affectueuses, (cherchait à) retenir le vertueux chacal, en le comblant d'honneurs.

75. Le chacal, le voyant troublé par l'amitié (qu'il lui portait), s'inclina (devant le tigre), et lui dit d'une voix entrecoupée de sanglots :

76. Tu m'as honoré d'abord, puis disgracié. Je ne puis plus habiter avec toi, au milieu d'ennemis.

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77. Les serviteurs mécontents, destitués de leur emploi, tombés en disgrâce, ou qui se retirent d'eux-mêmes ; ceux qui sont victimes de leurs rivaux,

78. Qui sont ruinés ; ceux qui sont sous l'empire de la cupidité, de la colère, de la crainte, de la déception ,* ceux qui ont été dépouillés de leurs biens, les orgueilleux, qui dédaignent ce qu'ils ont et aspirent à de plus grandes choses;

79. Ceux qui sont mécontents, qui sont dans l'appréhension d'une foule de maux, qui ont perdu leurs forces et leur crédit; tous ces gens-là sont (des serviteurs) inutiles.

80. Couvert d'opprobres et privé de mon emploi comme je l'ai été, comment me redonneraistu ta confiance, et moi comment resterais-je (plus longtemps) ?

81. «Tu me plais,» m'avais-tu dit, et après examen, tu me pris (à ton service) et m'élevas (en dignité). Puis tu as rompu le pacte et tu m'as disgracié.

82. Quant on a loué publiquement quelqu'un, en disant : // est vertueux^ il ne faut point (plus tard) le déclarer sans mérite, sous peine de passer pour inconséquent.

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83. Après avoir reçu de toi un pareil affront, je ne pourrais plus avoir ta confiance;orta confiance perdue, je vivrais dans la crainte.

84. Le manque de confiance de ta part et de sécurité de la mienne (profiterait à tes ennemis) qui épieraient les occasions de te nuire. Tes (serviteurs) de plus se désaffectionneraient (de toi) et (deviendraient) mécontents. Un tel état (de choses otïrirait) de nombreux inconvénients.

85. On réunit avec efiFort ce qui est séparé; (de même) on sépare avec effort ce qui est uni. L'affection (entre gens) séparés, puis unis (de nouveau), ne redevient (jamais) une amitié (véritable).

86. Aucun (serviteur) n'agit (uniquement) dans l'intérêt de son maître ; il (songe aussi) à luimême, à son (propre) avantage ; les gens désintéressés sont rares.

87. Il est bien malaisé de connaître les hommes, tant leur esprit est mobile. Un homme capable et ferme se rencontre (à peine) sur cent.

88. La prospérité de l'homme ne (dépend) d'aucune cause (apparente), comme aussi ses infortunes. (En réalité), ce qui le rend heureux ou malheureux,' c'est sa grandeur (d'âme) ou son étroitesse d'esprit.

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89. Après avoir ainsi parlé, conformément au devoir, au plaisir et à l'intérêt, et persuadé le roi, le chacal se retira dans la forêt.

90. Sans attendre le congé du roi des animaux, le chacal prudent s'adonna au prâya, et quittant son corps il alla au ciel.

KOTES

(i) Les Orientaux, quand ils ne brûlent pas les cadavres, les enterrent à fleur de terre, où ils deviennent la proie facile des animaux carnassiers. Les Parsis ont leurs tours du silence, vastes charniers fréquentés par des voliers de corbeaux et de vautours qui se gavent de chair humaine.

Ces cimetières sont le plus souvent établis dans les clairières des bois, non loin des villes et des villages.

(2) Tuer un Brahmane est le plus énorme des forfaits; d'autre part, la meilleure des bonnes œuvres, c'est de donner des vaches : de là ces termes de comparaison, dont l'un, au moins, semble assez bizarre, lorsque l'on n'est pas au courant des idées hindoues.

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