‹ Légendes révolutionnaires (volume 2)Chapitre 40 sur 81 · Le roi) doit, pour l'aider à défendre son · texte numérisé non relu

Le roi) doit, pour l'aider à défendre son

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empire, rechercher des guerriers pleins de bravoure; s'il désire la prospérité (de son pays), il prendra garde à ne les point négliger.

25. Ils devront être intrépides sur le champ de bataille, reconnaissants, instruits dans le maniement des armes, versés dans la connaissance du devoir et des saints enseignements, entourés de fantassins ;

26. Sans peur, sachant combattre sur des éléphants et sur des chars, habiles dans l'art de lancer des flèches ou des javelots. La terre appartient au roi qui possède une telle (armée).

27. Il devient capable de tout conquérir. Toujours plein de ressources, ayant beaucoup d'amis, ce prince atteint le plus haut degré de puissance.

28. O Bhârata, (le prince) qui a réuni ainsi des milliers de chevaux montés par des hommes de cœur, peut vaincre la terre entière.

ADHYAYA CXIX

1. Bhishma dit: (Instruit par l'histoire du chien), le roi appliquera chacun de ses serviteurs à la fonction qui lui convient, s'il veut goûter, comme il est juste, les fruits de la royauté.

2. Un chien ne sera point placé dans un rang supérieur qui lui donne de Torgueil ; s'il est élevé au-dessus du rang qui lui appartient, il deviendra fou d'arrogance.

3. (Le roi) confiera à ses serviteurs des postes conformes à leur naissance et à leurs qualités; ils ne sauraient remplir une fonction pour laquelle ils n'auraient point d'aptitude.

4. Le roi qui proportionne les charges aux aptitudes des gens, s'entoure ainsi de serviteurs capables et il prospère.

5. Un Çarabha aura le poste d'un Çarabha; un lion, celui qui convient à un lion ; un tigre, celui d'un tigre ; un léopard, celui d'un léopard.

6. Tu donneras à tes gens les charges qui reviennent à chacun d'eux ; il ne faut point les placer à contresens, si tu veux cueillir les fruits d e tes œuvres.

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7. Le roi qui transgresse cette règle et confie à ses serviteurs des postes pour lesquels ils n'ont point de dispositions, est inintelligent; il ne saurait faire le bonheur de son peuple.

8. Les gens dénués d'expérience, de grandeur d'âme, de science, qui ne sont pas maîtres de leurs passions, qui ne sont pas de noble origine, tous (ces gens-là) le roi qui souhaite des serviteurs capables se gardera bien de les employer.

9. Les gens honnêtes, nobles, braves, instruits, sans ambition ni étroitesse d'esprit, purs, habiles, voilà ceux (dont le prince) doit s'entourer.

10. Ceux qui sont humbles, appliqués, calmes, honnêtes, doués de brillantes qualités naturelles, à l'abri de reproches pour les fonctions (qu'ils remplissent) sont les souffles vitaux des rois.

1 1. Un lion doit t.oujours marcher à côté d'un lion. Celui qui, sans être lion, se fait accompagner d'un lion, obtient les avantages du lion.

12. Un lion qui remplit(sa cour) de chiens, et qui (néanmoins) souhaite cueillir les fruits d'œuvres léonines, est incapable de le faire, grâce à son entourage.

i3. Aussi, ce n'est qu'en s'aidant, ô roi, de (ser-

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viteurs) braves, intelligents, instruits, nobles, (qu'un roi) peut conquérir toute la terre.

14. Un homme dépourvu de sagesse, de loyauté, d'intelligence, de générosité, ne doit pas être choisi comme serviteur par les gardiens de la terre, ô le meilleur des princes.

i5. Les serviteurs dévoués aux intérêts de leurs maîtres, qui courent (accomplir leurs ordres) sans se retourner, comme des flèches, et se rendent utiles, seront traités avec douceur.

16. Les rois ne doivent rien épargner pour conserver leur trésor; car le trésor, c'est la racine de la royauté d'où dépend sa grandeur.

17. Ton grenier doit toujours être rempli ; tu en confieras la garde à des gens de bien ; sois toujours riche en or et en grains.

18. Les serviteurs, toujours appliqués (à leurs devoirs), seront expérimentés dans les combats ; il est à désirer qu'ils le soient aussi dans les soins à donner aux chevaux (de guerre).

19. Sois plein d'attention pour tes parents et pour tes alliés, entoure-toi d'amis et de connaissances ; recherche ce qui est avantageux aux citoyens, ô toi, la joie des fils de Kuru.

LE CHIEN ET SES MéTAMORPHOSES

20. Telle est, dans sa perfection, la sage conduite à tenir envers tes sujets ; l'apologue du chien (la résume); désires-tu m'écouter plus longtemps, ô mon fils ?

NOTES

{i) Antaka ou le Dieu qui met fin à tout, c'est Yama. Nous avons parlé ailleurs de ses envoyés. Armés d'un filet, ils s'emparent des hommes dont la dernière heure a sonné et les traînent pantelants devant leur maître inexorable.

(2) L'éléphant, rendu furieux par le rut, se plonge dans les étangs couverts de lotus en fleurs, et en sort saupoudré, pour ainsi dire, de la poussière qui s'en détache.

Le texte dont je me sers porte prâmçu qui veut dire long, grand, comme s'il s'agissait de lotus de dimensions colossales, mais c'est évidemment pdmsu qu'il faut lire.

(3) James Darmesteter, après un voyage dans l'Inde, racontait que l'on ne peut se faire une idée des splendeurs d'un clair de lune, dans ce pays, si l'on ne l'a vu. C'est ce qui explique, nous le répétons, pourquoi les poètes hindous se plai-

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sent tant à comparer à Téclat de la lune celui d*un visage rayonnant de beauté. Nous lisons, dans la Bible, la même expression, pulchra ut luna^ qui se rapporte à TEpouse du Cantique des Cantiques {i)»

(4) Cette image est familière aux écrivains orientaux, qui s'en servirent dans tous les temps.

Les Hindous savent être longs, même dans leurs récits les plus courts. Ainsi, dans le petit apologue 8uivant,nous trouvons d'assezuombreuses répétitions.Tout d'abord, l'auteur rappelle la maxime qu'il s'agit d'établir, à savoir le danger de l'imprévoyance ou plutôt de la négligence, de la remise au lendemain des affaires sérieuses, ce que rend si bien le terme amglaLis procrastination. Puis la fable récitée, Bhîshma indique la morale qui s'en dégage, comme si Yudhishthira n'était pas capable de l'en tirer tout seul. Il insiste fortement sur la nécessité de la prévoyance et de la présence d'esprit, comme sur les dangers de rinsouciance et de la paresse. Il tourne et retourne cette idée à satiété. C'est qu'il connais-

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sait le tempérament hindou, fait précisément de légèreté et d'irréflexion.

En dépit de sa brièveté, la trame du récit est donc un peu lâche. Nous connaissons trop ces recueils de légendes pour nous en étonner. D'ailleursy excepté la science de la grammaire qu'ils ont poussée fort loin, les Hindous n'ont guère fait qu'ébaucher les sciences et les arts. Ils passent pour avoir tout commencé; cela est possible, mais ce qui est certain, c'est que généralement ils n'ont point su tirer parti de leurs inventions et qu'ils n'ont rien ou presque rien achevé, ni conduit à sa perfection. Ils ne furent et ne seront jamais, bien probablement, que de grands enfants.

ÇANTI PARVAN ADH7AYA CXXXVII

1 . Bhishma dit : Celui qui sait prévoir l'avenir, et celui qui avise au présent réussissent tous deux; le négligent se perd.

2. A ce sujet, écoute avec attention cette très intéressante histoire ; elle concerne un personnage qui, dans son indolence, ne savait ce qu'il fallait faire ou omettre.

3. Bans un étang, peu profond mais très poissonneux, vivaient trois Calculas; ils ne se quittaient pas, tant était grande leur amitié, ô fils de Kuntî.

4. De ces trois amis, Tun prévoyait de loin ce qui devait arriver, le second tirait le meilleur parti possible des circonstances présentes, mais le troisième était fort indolent.

5. Un jour, des pêcheurs se réunirent pour vider ce lac dans une plaine en ouvrant de toutes parts aux eaux de nombreuses issues.

6. Sentant l'eau décroître, le poisson prévoyant dit à ses deux amis, dans cette situation critique:

l88 LES TROIS POISSONS

7. Un grand péril menace tous les habitants du lac; fuyons vite ailleurs, avant que la retraite ne nous soit fermée.

8. Celui qui, dans sa prudence, prévoit un malheur avant qu'il ne soit arrivé parvient à s'y soustraire ; ainsi donc suivez mon conseil et fuyons.

9. Le poisson négligent répondit : Rien de plus judicieux, mais il n'y a pas lieu de se presser, si je ne m'abuse.

10. Alors celui qui savait tirer parti du présent dit au poisson qui remettait toujours au lendemain : Quand le temps est venu, j'ai coutume de ne rien négliger.

1 1 . Ayant ouï cela, le poisson prévoyant sortit sagement par une brèche et gagna un autre lac aux eaux profondes.

12. Les pêcheurs, voyant l'étang presque à sec, se saisirent par différents moyens des poissons qui s'y trouvaient.

1 3. L'eau qui restait dans le réservoir étant agitée, le poisson indolent fut pris avec les autres.

14. Les pêcheurs ayant attaché (les poissons) à l'aide de ficelles, le Çakula renommé pour sa

présence d'esprit se glissa parmi les autres et demeura immobile.

i5. Il tenait la corde entre ses dents, et les pêcheurs crurent que tous étaient pris (i).

16. Ils les lavèrent dans une eau profonde; le Çakula avisé lâcha la corde et (se sauva) rapidement.

17. Le (troisième Çakula) qui différait toujours dans sa sottise, son manque d'intelligence et de réflexion, trouva la mort (victime ainsi) de sa folie et de son imprévoyance.

18. Celui qui par légèreté ne prévoit pas un avenir prochain ne tarde pas à périr, à l'exemple du poisson indolent.

19. L'homme qui, dès le principe, ne se met pas en sûreté, mais se dit: « Je suis habile, » s'expose au danger, comme le poisson (renommé) pour sa présence d'esprit.

20. Celui qui prévoit l'avenir et celui qui sait tirer parti des circonstances présentes, réussissent tous deux; mais celui qui remet toujours à plus tard, périt.

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