A peine la main du Dieu glorieux l'eût-elle
14 LA VACHE EHt BRAHMANE
touché que cet être, dépouillant aussitôtsa forme de salamandre, apparut semblable à un habitant du ciel, au teint éclatant comme Por purifié par le creuset, et couvert de parures, de robes et de guirlandes d*une beauté ravissante.
7. Mukunda, bien que sachant à quoi s'en tenir, Pinterrogea en vue du public qui Técoutait : Qui es-tu, ô bienheureux? A ton merveilleux aspect, je devine que tu es quelque puissante divinité.
8. Qu'as-tu fait pour avoir été réduit à une forme (aussi abjecte que celle d'un reptile) ? Rien, sans doute, instruis-nous de ce que nous désirons apprendre, si tu juges à propos de le faire ici.
g. Çuka dit : A cette question de Krishna, de celui qui a pour essence la félicité, le prince riponjit, ^n in -linant devant Màdhava (son front •;n'^.i m 1 1 i'»nj ibif) lisiint c )mmi le soleil. ). .V'-'iT: dit : Nrîga est mon nom; j'étais (vj, I II ru-j d ïk nvàku ; pcat-étie, parmi U- .no.iarq i s ill striis par leurs munificences, as-tu t:ntcndu pa'ler de moi.
II. Que po trrais-tii ignorer, ô Maître, toi qui lis dand rà4ne des êtres et dont Tàge ne voile
LA VACHE OU BRAHMANE l5
pas les regards ? Toutefois, puisque tu le veux, je parlerai.
12. Autant il y a de grains de poussière sur la terre, d'étoiles au ciel et de gouttes de pluie dans les nuées, autant ai-je donné de vaches (aux Brahmanes).
i3. Chacune de ces vaches que je donnais était bonne laitière, jeune, remarquable par sa douceur, sa beauté et ses (autres) qualités ; sa robe était jaune, dorées étaient ses cornes, et ses sabots argentés ; elle m'appartenait légitimement; son veau raccompagnait, et je la couvrais de fines étoffes,de guirlandes et (autres) ornements.
14. Aux jeunes et excellents Brahmanes, richement habillés(par moi), distingués par leurs qualités et (la noblesse de) leur caractère, de famille pauvre, d'une pié.é sincère, reno.iimés parleur ascétisme, enseign^-u \i \'a 1 1 p ; is de vert 1, )2 donnais ainsi
tb. Des va 'h "S, djo lerr s, d; l'or, 1 > ..-\ soi., deschivaux, des ele^hanis, des jeuneà lillcs a^compagnées de servantes, du sésame, de l'argent, des lits, des robes, des pierres précieuses, des ustensiles, des chars, ce qu'il faut pour accomplir des sacrifices et faire de bonnes œuvres.
iC) La VACitE b\i âRArtMANË
iG. Or, la vache d'un vénérable Brahmane s'étant égarée se mêla, sans que jf, le pus savoir, à mon troupeau, et je l'offris à un (autre) Deux-fois-né (pensant qu'elle m'appartenait).
17. Le (vrai) propriétaire, voyant ce dernier emmener sa vache, lui cria : Klle est à moi.
— Non pas, riposta celui-ci, mais à moi ; c'est Nriga qui me l'a donnée.
18. De là une altercation entre les deux Brahmanes, au sujet de (cette vache) que (chacun) croyait à lui. Tu donnes et tu reprends, me dirent-ils. Cette parole me jeta dans une grande perplexité.
19. Au milieu de ce pénible débat, je m'efforçai d'apaiser les deux Brahmanes. Je vousdonnerai un laksha (2) de vaches de première qualité, en échange de celle-ci ;
20. Tous deux, soyez indulgents à Tégard de votre serviteur qui a péché par ignorance. Ne nVexposez pas au péril de tomber dans la fange de l'enfer.
21. Je n'échangerai point (ma vache contre ton lakshaj, ô roi, dit le propriétaire qui partit (en emmenant sa vache).— Et moi je ne voudrais pas même d'un ayuta en retour, dit l'autre. Et
La vache du brahmanb 17
il s'éloigna (en laissant la vache à son collègue).
22. A ce moment, les messagers de Yama m'entraînèrent auprès de leur maître. Alors, ô chef des dieux et des mondes, Yama m'interrogea :
23. Prince, lequel veux-tu manger en premier lieu, le fruit de ton péché ou celui de tes mérites ? Je ne vois point de borne à ta libéralité, à ton équité, ni au monde glorieux (qui doit en être la récompense).
24.— D'abord, que (j'expie) mon péché, ô Dieu, lui dis-je. — Eh bien, tombe (dans la dégradation), dit Yama. Et soudain, je fus transformé en salamandre; (ce fut) ma déchéance.
2b. Dans sa dévotion et son amour, ô Keçava, ton serviteur n'a pas cessé jusqu'à ce jour de penser à toi et de soupirer après ta présence.
26. Comment te trouves-tu ici, devant mes yeux, ô Seigneur, toi, l'Ame suprême, que les maîtres du Yoga s'efforcent de reconnaître au fond de leurs cœurs purs, avec l'œil de la çruti. (Ainsi donc)Adhokshaja en personne, lui de qui dépend l'affranchissement de l'existence ici-bas, se manifestée moi qui ai l'esprit enténébré parla grandeur de mon infortune.