‹ Légendes révolutionnaires (volume 2)Chapitre 72 sur 81 · LE DEVOIR DE L'HOSPITAUTÉ · texte numérisé non relu

LE DEVOIR DE L'HOSPITAUTÉ

Yudhishthira s*informe auprès de Bhîshma, son gourou in extremis, du grand devoir de l'hospitalité. Pour les Hindous, comme pour tous les peuples de l'antiquité, un suppliant, un hôte, était sacré ; on le considérait comme un envoyé du ciel et Ton se racontait que les Dieux parfois aimaient à se déguiser en voyageurs et à réclamer un asile près des hommes. Heureux ceux-là qui, sans les reconnaître, et tout en les prenant pour des hôtes vulgaires ou pour des mendiants tels qu'ils en voyaient chaque jour, leur faisaient bon accueil ; mais ceux qui se montraient sans pitié pour leur infortune apparente et qui les repoussaient, la malédiction s'attachait à leurs pas et ne les quittait plus.

(i) GcB. iviii, 2 d leq ., iiT, I « uq.

(2) On ippilh ninl kt Inoin pgblic),

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quitte ses rides et ses haillons ; on voit alors une dame d'une céleste beauté, entourée d'une clarté éblouissante : c'était la sainte Vierge. Elle jette sur les laveuses terrifiées un regard indigné et leur dit : <t En punition de votre dureté, vous aboierez désormais comme ce chien, et dans vos familles, il y aura toujours des aboyeuses. » Puis la vision disparaît.

Depuis lors, en effet, Josselin a ses aboyeuses. C'est aux principales fêtes de la Vierge que ces infortunées ressentent les atteintes de ce mal étrange. Elles sont en proie à la plus violente agitation et ne cessent d'aboyer avec fureur. Des hommes vigoureux 3e saisissent d'elles, les traînent de force à l'église de Notre-Dame du Roncier, devant la statue miraculeuse, et essaient de leur faire baiser l'autel; ce qui les calme aussitôt.

Toutes ces traditions ont le même but moral : la bienfaisance à l'égard de ses semblables, et d'une façon spéciale envers les malheureux, envers les suppliants, qu'ils soient d'ailleurs étrangers ou non, amis ou ennemie.

Les Hindous qui de tout temps se distinguèrent plus par les vertus domestiques et sociales que par les qualités politiques ou civiles, ne

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pouvaient ignorer le devoir de l'hospitalité, ni la pratique de la bienfaisance.

Biifshma, fidèle à sa coutume, raconte à son royal pupille un itikâsa, une histoire du temps passé; il lui récite, pour ainsi parler, une page de la Morale en action, au lieu de lui exposer des théories plus ou moins brillantes et d'une métaphysique plus ou moins raffinée. Il met en scène deux pigeons, le mâle et sa femelle, ou mieux l'époux et son épouse, et un autre oiseau dont il ne détermine point l'espèce, mais qu'il présente comme un monstre effroyable, adonné au meurtre des infortunés volatiles. Le portrait qu'il en fait est terrible, comme il convient poar la plus grande moralité du récit. Non content de se repaître de la chair de ses victimes, cet oiseau de proie en nourrit aussi les autres, il fait de ses

chasseur et un marchand de venaison.

Le crime était tellement entré dans ses moeurs qu'il le perpétrait sans remords, d'une fa(0D ine (i); Il ne croyait pas qu'il pût agir

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