LE DEVOIR DE L HOSPITALITE
survivre, afin de partager son bonheur, se jette dans le même brasier (i). Elle prenait ainsi rang parmi les Satis, ces veuves qui se brûlent sur le bûcher de leurs maris.
Au même instant, un char céleste, accompagné de millions d'autres chars que montaient des Bienheureux, des Saints, transporte au paradis les deux époux (2).
Témoin de cette apothéose, l'oiseau de proie se dit que son ascétisme le conduira au ciel lui aussi (3), et il s'adonne aux macérations les plus rudes. Un jour qu'il errait au milieu d'une forêt, se déchirant aux ronces et aux épines, un incendie se déclara. Il profita de l'occasion pour mettre le sceau à son expiation, à sa sainteté, et il se précipita dans la fournaise (4).
Bhîshma conclut en disant que la pratique de l'hospitalité, que la protection accordée à un suppliant rachète les plus énormes forfaits, même
(i) Adhy. 148, Çl. 10.
(a) Çl. 12.
(3) Adhy. 149, Çl. a .
(4) Adhy. 150, Çl. 12.
-e d'uDe vache (i), landit qae repoasser un suppliant, causer ta mort, est on crime inexpiable (3).
LE DEVOIR DE l'hOSPITALITB 3oI
ÇANTI PARVAN ADHYAYA CXLIII.
1. Yudhishthira dit : Grand -père, toi dont l'intelligence est vaste et qui es versé dans tous les Castras, le devoir dé celui auprès de qui l'on se réfugie, indique-le-moi.
2. Bhishma dit: Elle est grande l'obligation, ôprince magnanime, de celui à qui Toii demande asile ; cette question^ tu es digne de Tavoir faite, 6 le meilleur des Bhâratas.
3. O prince, les rois magnanimes, Çibi et les autres, en accordant prot-ection aux suppliants, ont atteint le plus haut degré de sainteté.
4. On raconte qu'Un pigeon nourrit de sa chair et traita suivant les rites son ennemi qui lui demandait l'hospitalité.
5. Yudhishthira dit: Comment ce pigeon nourrit-il de sa chair son ennemi suppliant, et quelle fut sa récompense, ô descendant dé Bhârata ?
6. Bhishma dit: Ecoute, ô roi, le récit divin, par lequel tous les péchés sont effacés, fait par le fils de Bhrigu au roi Mucukunda.