LE DEVOIR DE L HOSPITALITE
o.'astres pareils à des lotus de nuit, pur de nuages, (l'oiseau) chasseur, transi de froid,
3 1. Jeta les yeux dans (toutes) les directions et n'aperçut qu'une nuit profonde : — Je suis loin de mon habitation, ô Seigneur,— dit-il.
33. Ayant pris la résolution de passer la nuit sous cet arbre, il s'inclina devant le maître de la forêt et dit, en faisant Vanjali :
33. — Je viens solliciter un abri auprès des divinités de cet arbre.— Puis, ayant fait d'une pierre un appui pour sa tête, et jonchant de feuilles le sol,
34. Le tueur d'oiseaux, plongé dans une profonde affliction, s'endormit.
LE DEVOIR DE l'hOSPITALITÉ
ADHYAYA CXLIV.
1. Bhishma dit : Or, sur une branche de l'arbre, vivait depuis longtemps, ô roi, un oiseau généreux, au plumage varié.
2. Sa femelle était partie, le matin, se promener, et elle ne revenait point. L'oiseau voyant la nuit s'affligeait.
3. — Il a fait grand vent et grande pluie, et ma bien-aimée n'est point do retour. Quelle peut être la cause de son retard ?
4. Puisse ma bien-aimée être heureuse dans le bois; mais, en son absence, que ma demeure me paraît vide !
5. Un logis a beau être plein d'enfants, de petits-enfants, de brus et de serviteurs, si l'épouse est absente, le mari le trouve bien désert !
6. La maison, ce n'est point le logis; c'est la maîtresse du logis qui est dite la maison (i). Une demeure sans la maîtresse du logis ressemble à une solitude.
7. Si mon épouse, aux bords des paupières couleur d'écarlate, au plumage nuancé, à la douce
LE DEVOIR DE l'hOSPITALITÉ SoJ
voix, ne revient pas aujourd'hui, qu'ai- je besoin de vivre ?
8. Cette fidèle (compagne) ne mange pas, si je n'ai mangé (le premier); elle ne prend jamais son bain avant moi ; elle ne s'assied pas, si je ne suis assis, ni ne s'endort, si je (ne) dors.
9. Si je suis gai, elle est gaie; si triste, elle est triste ; si je sors, elle s'afflige ; si je suis en colère, elle me parle avec douceur.
10. Cet homme est fortuné sur la terre, dont l'épouse est dévouée, fidèle, et se complaît dans ce qui lui est agréable et utile.
1 1 . Ma vénérable (compagne) me sait épuisé de fatigue et de faim ; son dévouement, sa constance, son affection, sa tendresse la recommandent à l'estime.
12. Une racine d'arbre que l'on habite avec une compagne dévouée est une (vraie) maison ; tandis que, sans elle, un palais même n'est q^i^iiiie caverne, dtt-on, et c'est vrai.
i3. Lorsqu'il s'agit du devoir, de l'intérêt et du désir, la femme est l'associée (naturelle) de l'homme, et quand celui-ci voyage à l'étranger, c'est elle qui lui donne de la confiance (en l'ac- CGiBi|»giiant).
LE DEVOIR DE l'hOSPITALITÉ
14. L'épouse est dite le bien suprême de son époux ; ici-bas, pour celui qui n'a pas de compagnon, c'est, dans ce monde, l'associée de tous ses actes (2).
i5. Pour l'homme en proie à la maladie, aux calamités incessantes, il n'est pas de secours pareil à (l'assistance) d'une épouse.
16. Il n'est point d'ami semblable à une épouse, point d'asile qui lui soit comparable ; l'épouse est, dans ce monde, la meilleure aide pour l'acquisition des mérites.
17. Celui qui n'a pas à son foyer une épouse vertueuse et douce n'a qu'à se retirer dans la forêt ; une forêt : voilà sa maison.
LE DEVOIR DE l'hOSPITALITÉ 3o9
ADHYAYA CXLV.
1 . Bhishma dit : La femelle du pigeon, tombée au pouvoir du meurtrier des oiseaux, entendant les plaintes lamentables (de son époux), lui dit :
2. La femelle du pigeon dit : Ah ! je suis bien heureuse, moi dont le cher époux vante les qualités imaginaires ou réelles.
3. Elle ne mérite point le titre (d'épouse) la femme dont le mari n'est point satisfait; si le mari est satisfait, toutes les divinités des femmes le sont.
4. (Par l'union contractée) en présence du feu (sacré), Tépoux devient (pour Tépouse) la divinité suprême. (Comme) une liane que l'incendie dévore au milieu de buissons fleuris,
5. Elle est réduite en cendres la femme, qui ne fait point le bonheur de son mari. Ainsi pensait l'infortunée femelle du malheureux pigeon.
6. Capturée par r(oiseau) chasseur, elle dit (à son époux) : Je vais t'indiquer ce qui t'est salutaire ; écoute et suis mon conseil.