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racines dans le passé, sans antécédents politiques, » hères et pauvres diables qui seraient réduits à porter la besace, si le P. Honsin n'était là pour les enrôler et leur distribuer des places. Mais passons; aussi bien, l'historien des Deux Restaurations n'en est pas à une contradiction près.
Est-il vrai qu'en 1826 la Congrégation, maîtresse du ministère et de toutes les positions politiques influentes, éidiii placée à toutes les avenues du pouvoir et n'y laissait plus arriver que ses affiliés ?
Pas un seul ministre n'était membre de la Congrégation, pas même le ministre de laguerre, M. de Clermont- Tonnerre, que M. Lacretelle représente comme « faisant catéchiser les régiments ^ » — « On disait aussi, dans ce temps-là, que j'étais congréganiste, écrit M. de Clermont-Tonnerre dans ses Mémoires, et l'on disait que la Congrégation disposait de tout dans les ministères; même dans ma propre famille, il y avait des personnes qui ne faisaient aucun doute que je fusse membre de la Congrégation, à tel point qu'un jour la duchesse de Clermont-Tonnerre, ma cousine, en me parlant de je ne sais plus quelle affaire, me dit : « Vous devez savoir cela, vous qui êtes de la Congre- « gation. — La Congrégation, dis-je en partant d'un « éclat de rire, je ne sais pas ce que c'est. » La vérité est que je ne l'ai su que quelques jours après, par M. deCarvoisin, l'oncle de ma femme î. »
A côté des ministres ayant département, il y avait des ministres d'État, composant, avec les princes de
1. Lacretelle, H ivoire de France pendant la Iteslauralion, t. IV, p. 135.
2. Mémoires manuscrits du duc de Clermont-Tonnerre, pul)lif> par M. Camille Rousset dans son très beau livre intitulé : Un tninislre de la Restauration, p. 313-
la famille royale, les princes du sang et les secrétaires d'État, le Conseil privé du roi. Ces ministres d'État étaient au nombre de quarante-huit; un seul était congréganiste, le comte Alexis de Noailles K
Au-dessous des ministres, il y avait, dans chaque département ministériel, des secrétaires généraux, des directeurs et des chefs de division, occupant de hautes positions politiques et admirablement placés pour ouvrir ou pour fermer les avenues du pouvoir. Nul doute que nous ne rencontrions parmi eux, et en grand nombre, des affiliés de la Société.
Aux départements de la justice, des affaires étrangères, de la marine et de la guerre, secrétaires généraux, directeurs et chefs de division, sont tous étrangers à la Congrégation. 11 en est de même au département de l'instruction publique, bien que le ministre soit un ecclésiastique, M. Frayssinous, évoque d'Hermopolis et premier aumônier du roi. Au ministère de l'intérieur, sur dix directeurs, un seul est congréganiste, M. Franchet-Desperey, directeur de la police générale. Aux finances, M. de Villèle a mis à la tête des bureaux dont il s'est réservé la direction immédiate M. Alphonse de Rainneville, congréganiste depuis 1822; mais, parmi les autres directeurs ou sous-directeurs, aucun ne fait partie de la Congrégation. Ni M. de Rainneville, d'ailleurs, ni M. Franchet-Desperey ne lui ont demandé un seul de leurs chefs de bureau.
Je trouve, il est vrai, au ministère. des finances, dans la première direction, placée sous les ordres de M. Cornet d'Incourt, un chef de bureau congréganiste, M. Fougeroux. Je ne crois pas, cependant, qu'il y ait lieu ici de crier au favoritisme. Entré au ministère des