Almanach royal de
finances en 1805, M. Fougeroux avait été nommé chef de bureau en 1814, à quarante et un ans, et la Congrégation n'y était pour rien; il ne devait en faire partie que deux ans plus tard, en 1810, et il semble bien qu'il ne s'était pas fait congréganiste pour avancer, puisqu'il était encore chef de bureau en 1830. Il visitait chaque jour les prisonniers et les pauvres ; quand il rencontrait un convoi que personne ne suivait, il l'accompagnait jusqu'au cimetière et priait au bord de la fosse pour l'ami inconnu auquel il venait de rendre les derniers devoirs. Louis XVllI et Charles X aimaient à faire passer par ses mains leurs généreuses munificences. Ils ne purent jamais lui faire accepter aucun avancement. Nommé chevalier de la Légion d'honneur malgré de vives résistances de sa part, il ne porta jamais la croix; c'est sur son cercueil qu'elle parut pour la première fois. Après la révolution de 1830, la reine Marie- Amélie, voulant continuer les traditions charitables des rois Charles X et Louis XVIII, obtint de M. Fougeroux qu'il serait le distributeur d'une partie de ses aumônes. Lorsqu'il prit sa retraite, en 1837, il était toujours chef de bureau, comme en 1814. Quels intrigants que ces congréganistes * !
Si des ministères nous passons au conseil d'Etat, nous voyons qu'il se composait de cent soixante-sept membres : vingt-neuf conseillers en service ordinaire et cinquante conseillers en service extraordinaire, trente-neuf maîtres des requêtes en service ordinaire et quarante-neuf maîtres des requêtes en service extaordinaire. Sur ces cent soixante-sept membres du conseil d'État, on ne comptait que huit congréganistes :
1. Vie de M. Fougeroux, par M. Jules Gossin. — La Cont/régalion, p. 103.
quatre conseillers, MM. Franchet-Desperey, de Saint- Géry, Delavau et de Vaulchier ; quatre maîtres des requêtes : Alphonse de Rainneville, Alexandre de Freslon, Félix de Roussy et Alphonse de la Bouillerie i .
Sur quatre-vingt-cinq préfets, quatre seulement étaient congréganistes 2. Ce qui n'empêchait pas Barthélémy et Méry de montrer le ministre de l'intérieur, au premier chant de la Corbiéréide,
Nommant dans les chefs-lieux des préfets en étoles.
Ailleurs les chantres de la Peyronnéide dénoncent le garde des sceaux, coupable de livrer les parquets aux disciples du P. Loriquet, aux affiliés du P. Ronsin :
Et le grand-justicier, Pilate du prétoire, Lance le protégé dane le réquisitoire.
M. de Peyronnet ne choisissait pas plus ses magistrats parmi les congréganistes que M. de Corbière ses préfets. Le parquet de la cour royale de Paris comptait un procureur général du roi, M. Jacquinot-Pampelune, quatre avocats généraux et onze substituts. Le parquet du tribunal de première instance de la Seine comptait un procureur du roi, M. de Belleyme, et quinze substituts. Sur ces trente-deux membres du parquet, quatre seulement étaients inscrits sur la liste de la Congréga-