Vie du H. P. Lacordaire, 1. 1, p
3. Les Origines de la presse religieuse, par Eugène de la Gournerie.
300 LÉGENDES RÉVOLUTIONNAIBES.
Au cours de celte étude, j'ai été amené à citer bien des noms de congréganistes : Régis Buisson, François Régnier, Louis Gondret, Joseph Perdreau, Auguste Périod, Frain de la Villegontier, Gruveilhier, Laënnec, Récamier, Ilennequin, Auguste de Quincerot, Teysseyrre, Augustin Cauchy,"Matthieu et Eugène de Montmorency, Antoine de Ponton d'Amécourt, Maximilien de Bé thune-Sully, Charles de Forbin-Janson, Alexis de Noailles, Maximilien Séguier, Charles de Breteuil, Bertaud du Coin, Franchet-Desperey, Philibert de Bruillart, Fougeroux, de Vaulchier, Alphonse de la Bouillerie, Jules Gossin, Félix de Roussy, Alexandre de Freslon, Levavasseur, de Rivière, de Cathelineau, de Briey, de Berbis, de Hercé, Gallard, de Fores ta, de Vaufreland, Delavau, Bailly de Surcy, Albert du Boys, Alexandre Guillemin, Bordier, Gaultier de Claubry, Olivier de la Rochefoucauld, Eugène de la Gournerie, de Saint-Géry, Ilersart de la Villemarqué, de Villeneuve, de Rainneville, Bérard des Glajeux. Ces noms et, je l'ose dire, tous ceux qui figurent sur la liste complète, si opportunément publiée par M.Geoffroy de Grandmaison, répondent éloquemment à l'odieuse et lâche accusation dirigée contre les congréganistes par M. de Vaulabelle. Il ne craint pas de les peindre comme des ambitieux et des hypocrites, « courtisans infatigables de la puissance, prompts à revêtir tous les costumes, à se couvrir de tous les masques ; » de les transformer en une troupe famélique d'intrigants et dfe coureurs de places, « d'aspirants aux emplois publics, que l'on voit adopter avec une sorte d'emportement
toutes les doctrines et toutes les opinions en crédit, » et se plier, pour parvenir, aux « habitudes d'hypocrisie que leur impose le jésuitisme. »
Oui, vous avez bien lu, des ambitieux et des hypocrites, les Teysseyrre, les Forbin-Janson, les de Hercé, les Salinis, les Scorbiac, les Alphonse Ozanam i, les Mac-Carthy, les Uohan, qui sacrifient les situations les plus enviées et quittent le monde pour se faire prêtres. Ambitieux et hypocrites, le comte Henri de Morin de la Rivière, que la mort de son père a mis à la tète d'une fortune opulente et qui dit à son ami, le docteur Pignier : « Je ne veux pas me marier ; lorsque je serai prêtre, ma famille sera encore assez nombreuse : n'aurai-je pas tous les pauvres pour enfants 2? » — le capitaine de Magallon, qui renonce à une brillante carrière pour se consacrer au service de Dieu dans ce qu'il offre de plus austère, au service des hommes dans ce qu'il présente de plus héroïque, et devient le restaurateur en France de l'ordre des Frères de Saint-Jean de Dieu 3; — M. Arnoux, précepteur du petit-fils du chancelier Dambray, qui entend parler, dans le salon du chancelier, de la misère morale des prisonniers, visite Sainte-Pélagie et la Force, en revient bien décidé avouer sa vie à la moralisation des jeunes détenus, crée la Maison de refuge des jeunes coîidamnés, se fait prêtre pour être à eux tout entier, accepte d'être aumônier de la Force et de Sainte-Pélagie, et meurt épuisé de fatigue, après une
1. Mgr Ozanam, frère de Frédéric Ozanam, morl le 26 novembre 1888. Il avait abandonné la médecine pour enlrer au séminaire, malgré les brillantes promesses de Dupuytren, qui lui avait dit, après sa thèse : « Monsieur, si vous continuez de travailler ainsi, vous deviendrez un des premiers chirurgiens de la capitale. .