‹ Légendes révolutionnairesChapitre 127 sur 165 · Œuvres oratoires de Mgr Dupanloup, p · texte numérisé non relu

Œuvres oratoires de Mgr Dupanloup, p

accompli et non remplaçable pour tout ce qui l'a connu. Outre cela, c'est une perte de cœur pour moi. On me mande de Paris que les dernières lignes qu'il ait tracées de sa main étaient une lettre commencée pour moi. Je l'aimais beaucoup et il m'aimait sincèrement aussi. Tout s'en va successivement ainsi, bon et mauvais ; tout nous montre le chemin, et le monde se renouvelle. Heureux ceux qui suivent les traces des Montmorency dans ce monde et surtout dans l'autre ! J'espère être du nombre, car je fais mes pâques demain. Je sais que c'est une bonne nouvelle à vous donner i. »

« Heureux, disait Lamartine, ceux qui suivent les traces des Montmorency! » C'est ce que firent presque tous ses confrères de la Congrégation, et, en particulier, ceux qui, restés dans le monde, servaient le gouvernement royal. Ces hommes dont l'historien des Deux Restaurations a osé dire qu'ils étaient des « courtisans infatigables de la puissance, prompts à revêtir tous les costumes, à adopter toutes les doctrines et toutes les opinions en crédit, » on les a vus, le jour où la vieille monarchie tomba, résigner sans hésiter leurs fonctions : rare et noble exemple qui honore à la fois ceux qui le donnèrent et l'opinion à laquelle ils appartenaient. Il n'y eut pas, à donner cet exemple parmi les congréganistes, que les hauts fonctionnaires, les chefs de parquet, les présidents et les conseillers de cour ; à côté d'eux, au-dessous d'eux, dans l'ombre, plus d'un fonctionnaire obscur, plus d'un modeste employé fit généreusement, héroïquement, le sacrifice de sa place, pour rester fidèle à ce qu'il estimait être le devoir et l'honneur!

La Congrégation avait tenu sa dernière séance le di-

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