‹ Légendes révolutionnairesChapitre 128 sur 165 · Correspondance de Lamartine, t. III, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Lamartine, t. III, p

manche 18 juillol 1830, elle a péri avec la Uestauralioii ; mais qui écrirait l'hisloire do la Charité à Paris, après 1830, y retrouverait des congréganistes à toutes les pages et au premier rang, ils semblaient vraiment ne s'être démis de leurs lonctions que pour servir les pauvres, après avoir servi le roi. Celte histoire, d'autres récriront. Je ne veux pas finir cependant sans rappeler ici deux de ces congréganisles, Paul Hérard des Olajeux et Jules Gossin. Avocat général démissionnaire, M. Bérard des Glajeux se consacra à l'Œuvre de la Propagation de la foi et à l'Œuvre des secours aux prisonniers pour dettes, à l'Association charitable dos écoles du septième arrondissement, à plusieurs autres institutions pieuses et bienfaisantes. Il a mérité que sa vie fût retracée par M. Ililaire de Lacombo, sous ce titre : Un magistrat chrétien ^ M. Jules Gossin, l'ami de Xavier de Kavignan et son collègue au parquet de la Seine, substitut du procureur général en 18i:2, vice-président du tribunal de première instance, puis conseiller à la Cour royale, donna sa démission en 1830 et devint le conseiller des pauvres. Son nom modeste est impérissable : c'est celui du fondateur de la Société de Saint- François Régis et du second président général de la Société de Saint-Vincent de Paul.

Ce m'est une grande satisfaction, je ne le cache pas, d'avoir pu, dans les pages que l'on vient de lire, éclairer sur quelques points, compléter sur d'autres, l'ouvrage de M. Geoffroy de Grandmaison. L'auteur termine ainsi sa préface : « Loin de nous défendre de tout sentiment personnel, loin de nous targuer d'indiffé-

L Le Correspondant du 25 octobre 1865.

rentisme religieux, nous disons bien haut que nous avons entrepris en chrétien cette étude, et que notre ambition serait de l'avoir conduite jusqu'au bout en chrétien. Le respect de la vérité ne peut que s'en accroître. Nous voudrions faire partager notre conviction à nos lecteurs, en plaçant sous leurs yeux les pièces du procès : Scribitur ad probandum, non ad narrandum. Si notre récit passe pour un plaidoyer, nous ne nous en plaindrons pas, heureux d'avoir été l'avocat d'une belle cause i. » Cette cause, M. Geoffroy de Grandmaison l'a victorieusement gagnée. Son livre, son plaidoyer, si l'on veut, est de tous points excellent, savamment ordonné, nourri de faits concluants et de dates exactes, tout plein de détails précis, curieux et touchants. Non content d'y mettre beaucoup de soin, de conscience et de talent, il y a mis tout son cœur. Plus d'une fois, en le lisant, je me suis rappelé ces paroles de notre Berryer, qui, s'il ne fut pas congréganiste, était un ami de la Congrégation :

.... Eh! mon Dieu! on parle de talent.... Savez -vous ce que c'est que le talent pour un honnête homm'e ? Cest d'étudier, c'est de sentir, c'est d'exprimer avec vérité ce qui est parvenu à son intelligence et ce qu'il a dans son cœur. Quand on sait rendre cela avec une émotion vraie, on a du talent, et quelquefois on parvient à faire triompher la vérité dont on est convaincu 2.

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