Mémoires de Marmontel, p
2. Mes Rêveries, Pensées, par M"« de Beauchamp, publiées avec une introduction par M"» Emile Longin. — Gray, 1885.
LES BOURGEOIS d'aUTREFOIS. 3^1
province, chez les descendants d'un fa})ricant ou d'un procureur de petite ville, j'ai trouvé des t'ditions complètes de Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Buiïon, Gondillac; des marques, laissées dans chaque volume;, prouvent qu'avant la fin du dix-huitiéme siècle le volume; avait été lu par (juelqu'un de la maison i .
Un Barreau d'autrefois, — sous ce titre, M. Eugène de Monzie a fait revivre sous nos yeux plusieurs figures d'avocats de province avant la Révolution, MM. Maleville, Guat de Lavelle, Lacalprade, Rarry, Loys, hommes éminents, au savoir étendu, à la parole éloquente 2. Leur talent eût honoré les plus grandes cités ; leur ambition ne dépasse pas le modeste horizon de leur ville natale. Ce barreau d'autrefois qui a mérité d'avoir un historien était tout simplement le barreau du présidial de Sarlat ! En nous montrant, dans une si petite ville, une telle réunion d'hommes du plus rare mérite et capables de briller au premier rang, M. de Monzie aurait-il par hasard forcé la note? En aucune façon. Plusieurs des hommes dont il parle, appelés par les événements sur un plus grand théâtre, à Paris même et dans nos principales Assemblées, y ont joué le rôle le plus brillant et le plus honorable. M. Maleville, par exemple, devenu membre du Conseil des Cinq-Cents, président du tribunal de cassation, sénateur, a pris une part considérable à la rédaction du (]ode civil. M. Loys, député aux États généraux, s'y est fait remarquer par la sagesse de ses opinions, en même temps que par la force et l'éclat de sa parole. M. Loudieu de Lacalprade, chassé de Sarlat par la persécution révolutionnaire, se réfugia dans la capitale et, à la renaissance du barreau sous le Consulat, recommença sa