‹ Légendes révolutionnairesChapitre 141 sur 165 · La Bourgeoisie française, p · texte numérisé non relu

La Bourgeoisie française, p

LES BOURGEOIS d'aUTREÏ'OIS» 335

matinée du 9 août. M. Bardoux, du reste, n'est pas heureux avec les Débats, dont il nous dit, en un auli*e endroit, qu'ils sont « rédigés toujours avec attention, » et un peu plus loin : « Les Débats restèrent les éloquents organes des doctrines du juste milieu i. » Dire : les organes d'une opinion, » alors qu'il s'agit d'un seul journal, c'est se servir d'un pluriel à tout le moins singulier; c'est à peu près comme si l'on écrivait, à propos de la patrie de Nicolas Poussin : « Les Andelys sont des villes charmantes, situées dans le département de l'Eure. »

L'Adresse des 221 fut votée par la Chambre des députés, non le 18 mars 1830 -, mais le 16 mars. C'est là une date mémorable, non seulement dans l'histoire de la Restauration, mais encore dans les fastes de l'éloquence. N'est-ce pas ce jour-là, en effet, que M. Guizot et M. Berryer, nouveaux venus l'un et l'autre dans la Chambre, montèrent pour la première fois à la tribune 3 ?

Dans une histoire de la Bourgeoisie française de i789 à i8l8, la date maîtresse, on me l'accordera bien, est celle de la Révolution de 1830, qui consacra le triomphe de la bourgeoisie. M. Bardoux s'est trompé sur cette date capitale : il place au ê7 juillet la publication des Ordonnances 4, qui ont paru le mardi 26. C'est presque aussi grave que si le gouvernement de M. Sadi Carnot s'avisait de placer au 15 juillet la commémoration de la prise de la Bastille !

Que ce soient là des vétilles, je le veux bien, mais

Page 1