Deux vol. in
LES BOURGEOIS D'aUTREFOIS. 341
progrès ^» Ils ne devaient point s'arrêter jusqu'en 1830. t L'industrie et le commerce, a écrit M. de Rémusat, prirent un grand essor.... Les fortunes particulières bien dirigées purent recevoir un développement qui, de longtemps, ne se reproduira aussi général et aussi rapide. En même temps, l'attention, l'estime de la nation, naguère détournée par l'éclat de la puissance et de la gloire, se porta sur les travaux utiles 2. » Un dernier témoignage emprunté, comme les précédents, à un adversaire de la Hestauralion : * L'industrie et le commerce étaient florissants, dit M. Théophile Lavallée ; chaque jour voyait se bâtir quelque nouvel édifice, s'établir quelque nouvelle manufacture, s'ouvrir quelque magasin de luxe....; dans toutes les classes éclairées de la population, il y avait émulation, désir de mieux, amour du progrès, confiance dans l'avenir 3. » 11 n'est pas jusqu'à Paul-Louis Courier, à qui la force de la vérité n'arrache cet aveu : « Chaque jour l'industrie augmente, les travaux se multiplient.... Le peuple a repos, biens et chevauches 4. »
L'honnêteté du gouvernement royal, l'intégrité de ses hommes d'État, l'habileté avec laquelle ils dirigeaient ses finances, telles étaient les principales causes de cette renaissance industrielle et commerciale, qui marchait de pair avec une véritable renaissance intellectuelle. Quant à ses effets, ils étaient précisément d'accroître l'importance de la bourgeoisie, qui voyait son influence politique grandir en proportion de sa richesse acquise. Il était donc indiqué que
1. Uisloire des deux Restaurai ions, par Achille de Vaulabelie, t. VII, p. 14G.
2. Passé et Présent, par M. Charles de Rémusal, t. II, p. 105.