‹ Légendes révolutionnairesChapitre 154 sur 165 · Archives parlementaires^ 2« série, t. Ill, p · texte numérisé non relu

Archives parlementaires^ 2« série, t. Ill, p

L*ENSEIGNEMENT AVANT 1789. S7l

Avant la Révolution, dit-il, les « petites écoles » étaient innombrables : dans la Normandie, la Picardie, l'Artois, la Flandre française, dans la Lorraine et l'Alsace, «lans l'Ilede-France, la Bourgo<yne et la Franclie-Gomté, dans les Dombes, le Dauphiné et le Lyonnais, dans le Comtat, les Cévennes et le Béarn i, on en comptait presque autant que de paroisses, en tout probablement 20,000 ou 2ô,000 pour les 37,000 paroisses de France, et fréquentées, ellicaces ; car, en 1789, 47 hommes sur 100 et 20 filles ou femmes sur 100 savaient lire et pouvaient écrire, ou du moins signer leur nom 2. — Et ces écoles ne coûtaient rien au Trésor, presque rien au contribuable, très peu aux parents. En beaucoup d'endroits, des congrégations, entretenues par leurs propres biens, fournissaient les maîtres ou maîtresses, frères de la Doctrine chrétienne, frères de Saint-Antoine, Ursulines, Visitandines, filles de la Charité, sœurs de Saint- Charles, sœurs de la Providence, sœurs de la Sagesse, sœurs de Notre-Dame de la Croix, Vatelottes, Miramiones, Manettes du Tiers Ordre, et d'autres encore. Ailleurs, le curé était tenu, par le statut de sa cure, d'enseigner lui-même ou de faire enseigner par son vicaire. Un très grand nombre de fabriques ou de communes avaient reçu des legs pour l'entretien de leur école ; souvent, l'instituteur jouissait, par fondation, d'une métairie ou d'une pièce de terre ; ordinairement, il était logé ; de plus, s'il était laïque, il était exempt des plus lourds impôts ; en qualité de sacristain, bedeau, chantre, sonneur de cloches, il avait quehiues petits profits ; enfin, chaque enfant lui payait 4 ou 5 sous par mois ; parfois, notamment dans les i)ays pauvres, il n'enseignait que depuis la Toussaint jusqu'au printemps, et faisait, pendant l'été, un autre métier. Bref, son salaire et son bien-être étaient à peu près ceux d'un vicaire rural, d'un curé à portion congrue 3.

1. Abbé A liai n, L'Instruction primaire en France avanl la /{évolution, et Albert Duruy, L'Inslt^ction publique et la Hévolution, passim.

2. Statistique de renseignement primaire. 11, cciv. 1880. — Dufionnaire de pédagogie el d'in»lruclion primaire , publié |)ar M. Buisson. Article de M. Maggiolo, ancien recteur.

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