Taine, Le Régime moderne, t. I, p. 2Î
La Révolution a donc trouvé la France pourvue d'un vaste système d'enseignement public. En haut de l'échelle, de nombreuses universités ; au centre, des centaines de collèges ; au-dessous des collèges, des milliers de petites écoles.
Sans doute, cette organisation de l'enseignement à ses divers degrés, due surtout à l'initiative privée et aux pouvoirs locaux, était imparfaite. Des réformes s'imposaient ; l'opinion publique avait formulé ses vœux à cet égard dans les cahiers ; le clergé, les corporations enseignantes elles-mêmes étaient en tête du mouvement. Mais au lieu de restaurer et d'agrandir, on démolit. Au lieu d'améliorer, on détruisit. On engloutit dans la banqueroute universelle, au profit de spéculateurs sans scrupules et de politiciens véreux, des biens patiemment accumulés et fidèlement employés à leur destination spéciale. On persécuta, on dispersa un personnel, en majorité honnête, intelligent et tout prêt à concourir aux réformes sérieuses et pratiques i. « Tout ce grand établissement, dit M. Taine, a péri, corps et biens, comme un navire qui sombre : les maîtres ont été destitués, bannis, déportés, et proscrits; les propriétés ont été confisquées, vendues, anéanties 2. »
La Révolution avait démoli. Il fallait reconstruire.* Que mit-elle à la place de ce qu'elle avait renversé ? A la place des Universités, elle ne mit rien. Les Uni-