‹ Légendes révolutionnairesChapitre 157 sur 165 · Abbé Allain, p · texte numérisé non relu

Abbé Allain, p

De tous les décrets et lois faits par la Convention en vue de réorganiser l'enseignement primaire, trois seulement furent appliqués : le décret Bauquier, du 29 frimaire an II (19 décembre 1793) ; le décret Lakanal, du 27 brumaire an III (17 novembre 1794) ; la loi Daunou, du 3 brumaire an IV (24 octobre 1795).

L'application du décret de frimaire an II ne donna que des résultats déplorables. Grégoire les constata en ces termes à la tribune de la Convention : « L'éducation nationale n'offre plus que des décombres ; il nous reste vingt collèges agonisants : sur près de 600 districts, 61 ont quelques écoles primaires, 16 seulement présentent un état qu'il faut trouver satisfaisant, faute de mieux. Cette lacune de six années a fait presque écrouler les mœurs et la science i. »

Sous l'empire du décret de brumaire an III, la situation fut loin de s'améliorer. Voici à cet égard deux témoignages qui ne sont pas plus suspects que celui de Grégoire. Barailon disait, aux Cinq-Cents, le 1^*" frimaire an VI : « Les commissaires envoyés dans les départements vous diront que, quoique l'instruction fût gratuite, les écoles de campagnes n'en étaient pas moins désertes pendant l'été et qu'il ne s'y rendait que très peu d'élèves pendant l'hiver. Us vous diront que la nation n'en recueillit aucun fruit 2. » Dans un rapport de messidor an IV, le ministre de l'intérieur Benezech avait déjà constaté que « le plan Lakanal n'avait eu aucun succès. »

Le « plan Daunou, » la loi de brumaire an IV, n'échoua pas moins misérablement. On lit dans un rapport émané du ministère de l'intérieur ; « L'établissement

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