Henri xMartin, t. XVI, p
3. Sur Foullon et Bertier, administrateurs intègres, dont la mort restera l'un des crimes les plus odieux de la Révolution, voyez Gustave Bord, p. 36-52. Bertier était intendant de l'Ile-de-France. V Encyclopédie le proclame « un bienfaiteur de l'humanité. » D'après M. de Montyon, son administration était « un objet d'éloge et d'admiration. »
daleuse à Malisset et à MM. de Chaumont, Rousseau et Perruchot? » Leur a-t-elle procuré, ainsi que le prétend Le Prévôt de Beaumont, « des dizaines de millions par centaines? »
J'ai dit tout à l'heure que le traité de 1765 avait été résilié le 31 octobre 1768; c'est à la demande de Malis- 'set et de ses commanditaires que cette résiliation a eu lieu; l'agent du Trésor public, chargé en 1791 d'apurer les comptes de Malisset et ses cautions, le constate en ces termes : « Malisset et ses cautions acceptèrent cette résiliation avec des expressions de reconnaissance qu'ils témoignèrent à M. Trudaine, qui la leur procurait i. » Mais alors c'est donc que l'affaire n'était pas si bonne que cela 2 !
Des quatre associés. Le Ray de Chaumont est le seul qui ait laissé de la fortune; grand maître honoraire
1. Archives nationales, Y^'^, 1193. — Gustave Bord, p. 225. —-Léon Biollay, p. 150. — Trudaine de Montigny, conseiller d'État, intendant des finances, chargé depuis 1767 de l'administration des subsistances, avait contribué plus que personne à faire résilier le traité Malisset. Cela n'a pas empêché Le Prévôt de le représenter comme un des principaux chefs de Vhorrible conspiration. Ce prétendu monopoleur était un homme d'un désintéressement admirable. On lit dans le Journal encyclopédique du 15 avril 1789 (t. III, p. 214) : « Trudaine fut désintéressé, et il le fut sans faste. Nommé à toutes les places de son père, il demanda au roi de n'en pas recevoir les appointements. « On me demande si rarement de pareilles grâces, dit le roi, que, pour la singularité, je ne veux pas vous refuser. » Trudaine mourut, dans sa terre de Montigny, le 5 août 1777. Mais Le Prévôt de Beaumont eut la satisfaction de voir guillotiner ses deux fils le 8 thermidor an II (26juilletl794).
2. « Le setier, écrit M. Maxime du Camp, toujours sur la foi de Le Prévôt de Beaumont, le setier de blé, payé iO francs en i767 par la compagnie Malisset, n'était livré par elle, l'année suivante, qu'au prix de 30 et 35 francs. On voit quels immenses, quels honteux bénéfices, etc.... » D'après un état annexé à l'Avis des députés du commerce, donné le 26 octobre 1769, le prix moyen du
des forêts, il était déjà fort riche avant 1765, faisait en grand le commerce des farines de minot avec les colonies et avait des moulins à Blois. Rousseau, ancien receveur général des domaines et bois du comté de Blois, et Perruchot, ancien régisseur général des hôpitaux des armées, moururent tous deux insolvables i, le premier en 1785, le second en 1786. Quant à Malisset, qui vivait encore en 1791, il était si complètement ruiné, que l'agent du Trésor public, M. de Turpin, renonçait à lui réclamer une somme de 115,000 livres dont il restait débiteur 2. En 1768, après la résiliation de son traité, il avait sollicité une pension, faisant valoir les services qu'il avait rendus « au public et aux hôpitaux. » Il avait demandé le cordon de Saint-Michel ou du moins des lettres de noblesse. Il n'avait rien obtenu. « On ne congédie pas de la sorte, dit avec raison M. Léon Biollay, un complice, un dépositaire de secrets compromettants 3. »
L'argument tiré de la longue détention de Le Prévôt tombe également devant la date de la résiliation du traité Malisset. C'est le 17 novembre 1768 que Le Pré-
setier, en i767, a été, non pas de 10 livres, mais de 20 livres dans cinq généralités, de 20 à 25 livres dans douze autres, de 25 à 30 livres dans onze généralités, et, dans trois autres, il a dépassé 30 livres. — Archives nationales, F^^, 718. — Léon Biollay, p. 136.
1. Mémoire de l'agent du Trésor public, mars 1791 : « Depuis 1769 que ce compte {le compte de régie de Malisset) a été rendu, le sieur Malisset est devenu insolvable; le sieur Rousseau, qui avait particulièrement suivi les opérations, est mort, et sa veuve a renoncé à sa succession, qui est actuellement en direction ; enfin le sieur Perruchot, qui est mort aussi, a laissé la sienne en si mauvais état que ses enfants se trouvent ses créanciers pour la presque totalité de la succession de leur mère, sans espoir de la recouvrer. »