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l'enseignement avant 178U. 381
Dans le chapitre de M. l'abbé Allain sur les lois de la
Convention, je remarque une lacune qu'il me suftirn, j'en suis sur, de signaler à l'auteur pour qu'il la fasse disparaître dans une prochaine édition. Il ne dit rien des idées de Robespierre et de Danton sur les droits du père de famille en matière d'éducation. 11 me semble bien pourtant qu'il y avait lieu de les rappeler, t La patrie, disait Robespierre, a seule droit d'élever ses enfants. Elle ne peut pas confier ce dépôt à l'orgueil des familles ni aux préjugés des particuliers, aliments éternels de l'aristocratie et d'un fédéralisme domestique qui rétrécit les âmes en les isolant ^ » Danton ne parlait pas autrement que Robespierre : t II est temps de rétablir ce grand principe, qu'on semble trop méconnaître : que les enfants appartiennent à la république avant d'appartenir à leurs parents.... Qui me répondra que les enfants, travaillés par l'égoïsme des pères, ne deviennent dangereux pour la république?.... Et que doit donc nous importer la raison d'un individu devant la raison nationale '^ ? »
Cette théorie était bien la vraie théorie révolutionnaire. Ce que disait Danton à la tribune de la (Convention, le 12 décembre 47<.)3, le député Bérenger le répétait à la tribune du conseil des Cinq-Cents, le 13 octobre 1797, déclarant, aux applaudissements de l'Assemblée, que « si les enfants appartenaient encore aux parents, ce n'était que par Veffet d'un préjugé généralement répandu 3. » Aussi bien, qu'était l'autorité pa-
1. Séance du 18 noréal an II (7 mai 1794). — Réimpression du Moniteur, t. XX, p. 409.
2. Séance du 22 frimaire an II (12 décembre 1793). — Réimpression du Moniteur, t. XVIII, p. 654.
3. Discours de Bérenger au conseil des Cirui-Cents, sur les enfants de la patrie.
lernelle, sinon un préjugé, que la Révolution avait détruit comme tous les autres? Gambacérès, dans la séance delà Convention du 22 août 1793, n'avait-il pas fait, au nom du comité de législation, un rapport sur le code civil où se trouvait ce passage : « La voix impérieuse de la raison s'est fait entendre ; elle a dit : Il n'y a plus de puissance paternelle M »
Lorsqu'on est en présence d'un livre connne celui de M. l'abbé AHain, d'un ouvrage consciencieux, écrit sur pièces, plein de faits sévèrement contrôlés, le meilleur hommage qu'on puisse rendre à l'auteur, c'est, il me semble, de lui signaler des documents, des faits, qui pourront peut-être lui servir au moment d'une réimpression. C'est ce que j'essaierai de faire en terminant.
Voici un petit fait, une simple annonce de journal, qui en dit plus long que les rapports officiels euxmêmes sur l'état auquel était réduite l'instruction primaire sous la Révolution, même à Paris. Je l'emprunte au Moniteur du 22 ventôse an II (12 mars 1794) :
On désirerait trouver, d'ici au 1er germinal, une citoyenne, fille ou veuve sans enfant mâle, qui eût (Je bons répondants et qui eût donné preuve de ses sentiments civiques et républicains, pour servir d'institutrice à une classe d'un vingtaine de jeunes filles. Elle sera logée, chauffée et éclairée ; elle aura 800 livres d'appointements, sans compt'er les gratifications qu'elle recevra tous les six mois, à raison de ses soins assidus et de l'avantage qu'elle donnera à l'institution par ses talents. On désirerait qu'elle sût LIRE, ÉCRIRE et COMPTER. - S'adresser à la citoyenne