Ménioires de l'abbé Grégoire, ch. m
3. UÉglise du Mans pendant la Révolution, par dom Piolin, t. III, p. 393.
4. Mémoires de Vabbé Dumesnil, publiés par le baron Ernouf, p. 88. Les Hautes œuvres de la Révolution en matière d'enseignement, par M. Fayet, p. 40.
L'ENSEfGNEMENT AVANT 1789. 385
décide qu'il sera donné à chacun do ces élèves un bonnet rouge, aux frais de la conunune, afin de leur inspirer la ferme résolution de le tremper dans le sang des despotes pour lui rendre sa première couleur, si jamais elle venait à s'altérer K
Ces élèves de la patrie répondaient d'ailleurs dignement aux encouragements de la commune. Voici, en effet, ce que disait le citoyen UoUin, observateur de l'esprit public, dans son rapport du l'"" ventôse an 11 (19 février 1794) :
Les jeunes ^ens appelés élèves de la patrie sont aussi corrompus qu'on puisse l'imaginer. Hier, au Jardin national des plantes, ils se permirent de chanter les chansons les plus obscènes, ce qui fit murmurer le public ; leurs conducteurs n'en rougirent point; des citoyens se permirent d'imputer la faute au citoyen Ghaumette -, de ce qu'il a obtenu qu'ils ne seraient plus corrigés 3.
11 importe de remarquer que l'institution à laquelle appartenaient ces jeunes sans-culottes était une institution modèle, établie dans un local officiel, à Martindes- Champs, ci-devant l'abbaye de Saint-Martin des Champs ; elle avait pour directeur un des principaux membres de la Convention nationale, Léonard Bourdon. Lors de la distribution des prix, qui eut lieu au mois de juin 1793, la Convention nomma une commission chargée d'y assister. Du rapport présenté par cette commission et imprimé par ordre, j'extrais ce passage : « Nous allons rendre compte de ce que nous avons vu, entendu, senti.- Le premier acte s'est ouvert par une assemblée des jeunes élèves, qui ont délibéré sur les
1. Séance de la Commune du i novembre 1793 (14 brumaire an U). — Courrier de VÉgaUlê du 20 brumaire (10 novembre 1793).