Michelet, Louis XV, p
médaille que cette province avait voulu faire frapper en son honneur i. » En cette même année 1748, nous l'avons vu tout à l'heure, Louis XV dépensa personnellement onze minions pour faire cesser la famine de blés en Guyenne. Nous voilà bien loin des dix millions qu'il avait versés, au dire de nos historiens, dans la caisse de la société Malisset, « et qui lui rapportaient d'énormes intérêts. » En 1784, M. Bertin, ministre d'État, qui avait été chargé de l'administration de la cassette particulière de Louis XV, intenta un procès en diffamation à plusieurs de ses commis. Des mémoires produits, il est résulté que le pécule royal se composait des revenus de la principauté de Bombes et des profits d'une place de fermier général. Les recettes annuelles s'élevaient à 350,000 livres 2. Si la cassette du roi eût tiré quelque profit de la régie des blés, les commis de Bertin n'auraient pas manqué de le dire ; ils s'en sont bien gardés, sachant à merveille que cette régie ne donnait que des pertes..
Si tous les tenants du Pacte de famine ont étayé leur thèse de l'insertion, dans VAlmanach royal de 1774, du nom et de la fonction de Mirlavaud, M. Henri Martin est le seul qui ait tiré argument, — après Le Prévôt de Beaumont et l'auteur du Factum du Moniteur de 89, — des Remontrances du Parlement de Normandie en 1768. J'en dirai un mot en finissant.
Les Parlements, à cette date de 1768, étaient en lutte