‹ Légendes révolutionnairesChapitre 26 sur 165 · Funck-Brentano, p · texte numérisé non relu

Funck-Brentano, p

5. Les officiers du château de la Bastille étaient: le capitainegouverneur, le lieutenant de roi, le major et l'aide-major.

il y avait aussi un notaire de la Bastille, toujours à la disposition des prisonniers K

On voit s'il est exact de dire, comme le fait M. Louis Blanc, que « le prisonnier avait cessé d'appartenir à la terre. » Mais ce qui désole surtout le sensible historien, c'est que l'amour n'avait pas ses grandes entrées à la Bastille. « Pour le prisonnier, s'écrie-t-il, plus d'amour! » Que n'ajoute-t-il avec la Fontaine :

Plus d'amour, partant plus de joie !

Il faut croire que M. Louis Blanc n'avait jamais lu les Mémoires de Bussy-Rabutin. Il y aurait vu que sa chambre à la Bastille n'était rien moins qu'une cellule cénobitique : il y recevait force visites, y donnait des dîners, y nouait des intrigues galantes. « Comme nous sortions de table, écrit-il, ce même laquais m'apporta une lettre que lui venait de donner la femme en cape 2. » Et les Mémoires de M™^ de Staal (M'^° de Launay), enfermée à la Bastille à l'occasion de la conspiration de Cellamare, M. Louis Blanc ne les avait donc pas lus non plus? Il ne s'était donc pas donné le régal de ces pages exquises, du petit roman de M^^^ de Launay et du chevalier de Mesnil, gracieuse idylle éclose comme une giroflée entre les fentes des murailles de la vieille forteresse 3 ? Je sais bien que la captivité de Bussy-Rabutin remonte à Louis XIV, et celle de M^^^ de Launay à la Régence. Il est possible que sous Louis XVI les choses eussent changé et que le roman eût cessé de fleurir à la Bastille. Cela tenait-il à ce que la surveillance était devenue plus sévère à l'endroit des intrigues

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