Th. Lavallée, Histoire des Français, t. III, p
épisode de ma vie de collège. C'était une affiche du théâtre de la Porte-Saint-Martin, ainsi conçue :
Première représenialion {reprise)
Drame historique en cinq actes De mm. Paul Foucher et Élie Berthet
Le soir, je prenais place, avec quelques amis, au parterre du théâtre. En ce temps-là, les étudiants allaient encore au parterre; on m'assure qu'aujourd'hui ils ne vont plus qu'aux fauteuils. MM. Paul Foucher et Élie Berthet avaient fait entrer dans la composition de leur drame historique tous les ingrédients du genre. Le héros de la pièce, le Prévôt de Beaumont, est un « jeune gentilhomme » que le hasard a rendu maître du secret des accapareurs. Il ne reculera devant aucun moyen, pas même devant l'emploi de la force, pour s'emparer des papiers de Malisset, le premier signataire du Pacte de famine, le chef apparent de la bande des affameurs du peuple, dont le chef réel est le roi lui-même : « Le roi partage avec les accapareurs le prix de nos sueurs et de notre sang; ce prix sert encore à séduire nos femmes et nos filles ^. » Pendant qu'il assistera à une fête donnée par Malisset dans sa petite maison du faubourg du Roule — « une fêle dont la hausse dans le prix du pain doit payer les frais » — des hommes du peuple, qui sont à sa dévotion, se porteront aux différents bureaux des accapareurs et saisiront tous leurs registres. Mais il a compté sans la trahison. Un misérable, le chevalier de Saint-Val, le dénonce au lieutenant général de police, M. de Sartine, qui n'a rien à refuser aux organisateurs