Le Pacte de famine, acte II, scène l
du pacte de famine. Au moment où Le Prévôt se croit assuré du succès, des exempts se précipitent sur lui, le bâillonnent, le chargent de chaines et le traînent à la Bastille. Il y reste vingt ans, au fond d'un cachot sans air et sans lumière, qu'on a creusé exprès pour lui sous la tour de la Bazinière. Le Prévôt avait un fils, Jules de Beaumont, qui jurait chaque matin sur l'épée et devant le portrait de son père qu'il le vengerait un jour. Le 14 juillet 1789, le peuple, ameuté par Jules de Beaumont, se rue à l'assaut de la vieille prison d'État. La Bastille est prise, aux cris de Vive la liberté/ Tableau. « En ce moment, le mur du fond, qui était déjà ébranlé par des coups répétés, s'écroule. On voit la grande cour du château. Murailles, pont-levis, foule de soldats, de citoyens armés, de femmes, d'enfants. On découvre, parla grande porte ouverte, la place hérissée de canons et couverte de peuple. Ce tableau est éclairé par l'ardent soleil de juillet. Le Prévôt de Beaumont paraît, pâle, brisé, cadavre vivant, appuyé d'un côté sur sa femme, de l'autre sur son fils. 11 ne peut parler : il serre convulsivement les mains de son fils et de sa fille qui l'étreignent avec amour i. »