‹ Légendes révolutionnairesChapitre 47 sur 165 · Les Hommes du 14 juillet, par Victor Fournel, p. iS · texte numérisé non relu

Les Hommes du 14 juillet, par Victor Fournel, p. iS

sollicitait des lettres de cachet. Sans rejeter absolument les demandes des familles, il n'admettait que des emprisonnements temporaires et justifiés par des choses graves ^ En 1787, une déclaration du roi avait défendu absolument aux juges locaux d'autoriser l'emprisonnement d'aucun individu sans condamnation régulière 2. Lorsque les trois ordres avaient été appelés, au mois de janvier 1789, à rédiger leurs cahiers, la noblesse et le clergé ne s'étaient pas montrés moins énergiques que le tiers état dans leurs revendications en faveur de la liberté individuelle. « Tous les Français, disait la noblesse de Château-Thierry, sont essentiellement libres, c'est-à-dire qu'ils n'ont d'autres maîtres que la loi, d'autres chefs que le roi ou ceux qui le représentent ; d'autres juges que les tribunaux approuvés par les États généraux et par le roi 3. » — « Le bien le plus précieux du citoyen étant sa liberté, disait le clergé de Metz, tout acte qui peut l'en priver, sans que cette peine ail été prononcée par son juge naturel, est absolument contraire au droit naturel et au droit positif 4. »

Les vœux favorables à la liberté individuelle allaient, dans les cahiers de la noblesse, jusqu'à la menace contre les agents du pouvoir. La noblesse d'Évreux « charge expressément ses députés aux États généraux de déclarer, à la face de la nation, qu'ils entendent provoquer sur la tète de l'exécuteur de tout ordre arbitraire l'anathème de l'opinion publique &. » Le « vœu le plus ardent » de la noblesse de Montargis est que « tout mi-

1. Archives d'IUe-et-Vilaine. C. 161. — Antoine Dupuy, la Bretagne nu dix-huitième siècle^ p. 113.

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