Séance du 27 juillet 1789. — Moniteur, t. I, n
3. M. de Barenlin, Mémoires, p. 181. — Rapport au roi en son conseil, le 27 décembre 1788. {IntrQduction au Moniteur, p. 507.)
SOUS le nom de lettres de cachet avec le maintien de la sûreté publique i .
Ces paroles sonnaient le glas de la Bastille. A ce moment, elle était bien morte. Seules, ses murailles restaient encore debout. Mais pour combien de temps ? Était-il besoin, pour les faire tomber, de recourir à l'émeute ? La pioche du démolisseur n'y pouvait-elle suffire, et déjà ne se préparait-on pas à l'y mettre ? En 1784, l'architecte Corbet avait publié le Projet d'une place publique à la gloire de Louis XVI sur remplacement de la Bastille. Ce projet faisait disparaître complètement la vieille prison, et sur ses ruines s'élevait une place circulaire au milieu de laquelle se dressait la statue du prince. L'architecte Corbet était fonctionnaire, il était inspecteur des bâtiments de la ville de Paris, et son plan avait tout au moins un caractère officieux 2. Necker avait songé, pendant son ministère, à supprimer une prison qui ne recevait presque plus de prisonniers et qui n'en était pas moins une source de grosses dépenses. Les cahiers de la noblesse de Paris renfermaient ce vœu : « Que le roi soit supplié de vouloir bien ordonner la démolition de la Bastille. » Les officiers mêmes de la Bastille allaient audevant de cette démolition et la provoquaient. Le chevalier du Puget qui, dans le « gouvernement du château royal de la Bastille, » venait immédiatement après M. de Launay, avec le titre de lieutenant de roi, avait rédigé un rapport concluant à la suppression et à la démohtion de la forteresse. Enfin, le 8 juin 1789, Davy de Chavigné avait présenté à l'Académie royale d'architecture un plan conçu depuis plusieurs années et consis-