‹ Légendes révolutionnairesChapitre 50 sur 165 · Victor Fournel, les Hommes du i4 juillet, p · texte numérisé non relu

Victor Fournel, les Hommes du i4 juillet, p

tant à ériger, sur l'emplacement de la prison jetée bas, une colonne surmontée de la statue du roi K

Louis XVI méritait, en effet, que sa statue s'élevât sur les ruines de cette prison, dont il avait de plus en plus restreint l'usage et adouci le régime, et qu'il avait condamnée à disparaître, le jour où il avait proclamé, à la face des représentants de la nation, l'abolition des lettres de cachet. L'insurrection du 14 juillet en disposa autrement. La Bastille, qui allait tomber pacifiquement, fut renversée par l'émeute, et de cette émeute sont nées la Révolution, la République et la Terreur.

Le 26 février 1794, Saint-Just, alors président de la Convention, proposa, au nom des Comités réunis de salut public et de sûreté générale, Varrestation de toutes les personnes reconnues ennemies de la Révolution et la confiscation de tous leurs biens. Il disait dans son rapport :

Vous avez voulu une république : si vous ne voulez point en même temps ce qui la constitue, elle ensevelira le peuple sous ses débris. Ce qui constitue une république, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé. On se plaint des mesures révolutionnaires ; mais nous sommes des modérés en comparaison de tous les autres gouvernements.

En 1788, Louis XVI fit immoler huit mille personnes de tout âge, de tout sexe, dans Paris, dans la rue Meslaj^ et sur le Pont-Neuf. La cour renouvela ces scènes au Champ de Mars. La cour pendait dans les prisons ; les noyés que l'on ramassait dans la Seine étaient ses victimes ; il y avait quatre cent mille prisonniers ; l'on pendait par an quinze mille contrebandiers ; on rouait trois tnille hommes ; il y avait dans Paris plus de prisonniers qu'aujourd'hui 2.

Page 1