Victor Fournel, loc. cit
2. Moniteur, an II (1794), n° 159. — M. Louis Blanc a reproduit ces mensonges de Saint-Just, sans observations, espérant bien que, dans l'esprit de ses lecteurs, il en resterait toujours quelque chose. {Histoire de la Révolution, t. X, p. 307.)
Ces monstrueux mensonges, pas un seul députe n'eut la pudeur de les relever; pas un seul n'eut le courage de voter contre les abominables mesures proposées par Saint-Just. Le décret demandé fut voté sans discussion et à Vunanimité i.
Dans ces jours-là, Le Chapelier, qui avait été à la Constituante un des membres les plus ardents du côté gauche et qui, le 13 juillet, veille de la prise de la Bastille, s'était élevé contre le rassemblement des troupes, déclarant que «le peuple seul devait garder le peuple, » Le Chapelier passait sur la place de la Bastille avec un de ses amis. « Voilà, lui dit cet ami, où s'élevait la citadelle de la tyrannie, contre laquelle vous avez dit de si belles choses. Maintenant, nous sommes sous le règne de la liberté, de l'égalité, de la fraternité et de la guillotine. J'espère que nous avons fait là un fameux échange ! » Le Chapelier, après un moment de silence, répondit : « Qu'on la rebâtisse, et qu'on m'y enferme 2 ! »
Parmi les anciens prisonniers de la Bastille, dix furent guillotinés ou fusillés. Voici leurs noms :
De Rozoi 3, guillotiné le 25 août 1792;— Brissot, guillotiné le 31 octobre 1793; — Manuel, guillotiné le