‹ Légendes révolutionnairesChapitre 60 sur 165 · Mémoires de Barbaroux, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Barbaroux, p

nécessairement la conséquence, donnât naissance, soil au pouvoir du duc d'Orléans, soit même à celui de Danton ou de Robespierre? Aussi jugeaient-ils plus favorable à leur ambition le maintien de Louis XVI, dont l'autorité n'était plus que nominale, et qu'ils espéraient bien amener à rappeler les ministres renvoyés le 23 mars précédent, Roland, Clavière et Servan, dévoués tous les trois à la faction girondiste. Nous avons à cet égard le témoignage formel de Malesherbes, rapporté par Bertrand de Moleville dans ses Mémoires secrets ^ ; — le mémoire rédigé par Gensonné, que signèrent avec lui Guadet et Vergniaud et que le peintre Boze s'était chargé de remettre au roi, dans les derniers jours de juillet 2; la lettre adressée par Vergniaud à Boze, le 29 juillet, pour être placée sous les yeux de Louis XVI, et dans laquelle l'orateur de la Gironde acceptait parfaitement le maintien du « thrône constitutionnel 3. »

Ces trois documents, rapprochés de la conduite de Vergniaud et de ses amis depuis le 29 juillet jusqu'au 10 août, ne laissent subsister aucun doute sur les points suivants :

1° Dans les derniers jours de juillet 1792, les chefs de la Gironde, loin de désirer le renversement de la royauté, recherchaient les moyens de conserver le trône à Louis XVI, sous la condition qu'il rappellerait au ministère Roland, Servan et Clavière, et qu'il confierait à un homme de leur choix la garde du prince royal.

\. Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la dernière année du règne de Louis XVI, par Bertrand de Moleville, t. III. p. 22.

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