Alfred Lallié, p
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Aguesse (Pierre); pris à tailler sa vigne; lui promettant un billet civique, et qu'il n'aurait pas de mal ; huit jours après sont revenus faire piHaj^e chez lui ; lui ont emporte'^, par trois fois différentes, paille, bois et linge, et tout ce qui leur a fait plaisir ; a laissé sa femme avec cinq enfants ; il avait dans son portefeuille 24 1. d'argent.
Aubin (Jean), étant , ainsi que Jacques Raboteau et Jacques Visonneau, domestique du citoyen Forget ; pi^is à sa maison du Chaffault, même commune, à travailler au jardin, leur disant : Nous voulons vous parler ; venez au bout de l'avenue parler au commandant; ensuite les ont liés; quelques jours après ont pillé dans la maison.
Baudry (Honoré), pris en déjeunant; ont voulu tuer sa femme ; laissé quatre enfants ; l'aîné treize ans, sans bien.
Berthaud (Charles), tisserand : pris dans son jardin, tenant un enfant entre ses bras ; lui demandent son billet civique, leur dit qu'il n'en avait pas ; lui dirent : Viens au commandant, on t'en donnera un; ensuite ont pris des cordes pour le lier.
Berteaud (Jean), tisserand; pris à son travail; lui dirent comme aux autres qu'on lui donnerait un billet civique.
Bichon (Pierre), pris à sa porte en chargeant un cheval de fumier pour mener dans ses terres; ayant un billet civique.
Biton (Jean), père, un des notables; ayant été au village des Couëts, où était la colonne, pour réclamer ses voisins; ayant un billet civique; on l'a encordé comme les autres; âgé de soixante-quinze ans, n'étant jamais sorti de chez lui pour courir le brigandage ; au contraire, d'encourager tous ses voisins de faire comme lui; quelque temps après sa mort, sont revenus faire pillage chez lui.
Briant (Pierre)^ pris en travaillant dans du grain ; Beilver lui dit : Que fais-tu là? — Je travaille à mon grain. — Viens avec nous, tu n'auras point de mal.
Brisson (Jean), tisserand; pris à travailler; lui dirent comme aux autres qu'on lui donnerait un billet civique; sa femme leur demanda pourquoi on emmenait son mari ; les volontaires dirent qu'il fallait qu'ils eussent tous paru au Ghàteau-d'Aux, disant qu'ils avaient besoin de monde pour leur donner un coup de main.
Gassard (René), pris à semer des pois; on lui a pris sa
bêche et ses pois, en lui disant comme aux autres, quoique étant infirme d'entendement.
Pour tous les autres, et jusqu'au dernier nom, mêmes indications, mêmes détails. Nous sommes en présence non de prisonniers de guerre, d'hommes saisis les armes à la main, mais de pauvres paysans pris chez eux, dans leurs champs, à leur ouvrage, l'un « pris à semer des pois, » un autre « pris à tailler, » un autre « pris à tirer de la pierre pour la république. »
A peine ces malheureux étaient-ils arrivés au château d'Aux que Muscar avisait de leur capture le représentant du peuple Garreau ', lequel requérait aussitôt « la commission militaire établie au Mans à la suite de l'armée de l'Ouest, de se transporter de suite au château d'Aux pour y juger les individus qui s'y trouvaient détenus. »
En deux jours, les 13 et 14 germinal (2 et 3 avril 1794), la commission militaire jugea les âlO prisonniers. Un seul fut acquitté, Jean Lorient, âgé de treize ans. Les 209 autres furent condamnés à mort et fusillés sur-lechamp. Un des condamnés, Jean Herdot, n'avait que quinze ans; trois autres n'avaient que dix-sept ans; sept autres étaient âgés de soixante-douze à soixante-
l. Garreau (Pierre-Anselme), député de la Gironde à la Convention nationale. Il siégeait à la Montagne et fut un des ennemis les plus acharnés des Girondins. I) se montra constamment dans ses nombreuses missions, ainsi qu'à l'Assemblée, le partisan zélé des mesures révolutionnaires. Après le 48 brumaire, il se laissa faire inspecteur aux revues par Napoléon et conserva ces fonctions jusqu'à la chute de l'Empire. Disons à sa décharge que, dans sa carrière de représentant, il avait eu une idée.... innocente : il avait proposé de former un corps de musiciens pour adoucir les mœurs des rebelles de la Vendée. (Mémoires d'un ancien administraleur des armées républicaines, p. 175. — Collection des Mémoires sur la Révolution française, publiée en 1823 chez Baudouin )
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dix-huil ans U Outre ces 209 victimes, 60 autres environ avaient été fusillées sur place, lors des battues dirigées par Beilver. Ce qu'était le collaborateur de Muscar, un fait va nous l'apprendre. Je l'emprunte à la pièce datée de Bouguenais, le 14 pluviôse an 111, et signée de quinze habitants de la commune.
Archin (femme de Pierre), née Marie Brisson; prise chez elle et fusillée sur-le-champ, et coupée à coups de sabre. Beilver lui avait dit : « Donne-moi tout ce que tu as d'argent et d'assignats, et tu n'auras pas de mal. » Malgré cette remise, elle fut taillée en pièces. Il est à remarquer qu'avant de la tuer, Beilver la fit dévorer par son chien, mais, ennuyé, il dit à sa troupe : « Tuez-moi cette b....-là, mais ne tuez pas mon chien. » On tira pour lors, et la femme et le chien furent tués, ce qui causa de grandes plaintes de sa part, en disant qu'il aurait mieux aimé perdre cent louis d'or 2.
Les exploits de Muscar ne se bornent point aux horribles hécatombes de germinal an II. Si la fusillade en grand avait ses préférences, il ne dédaignait point de se faire à l'occasion le pourvoyeur de la guillotine. Voici ce que lui écrivait, en décembre 1793, le citoyen Lenoir, président d'une commission établie à Nantes par arrêt de Carrier et Francastel :
Nous avons reçu ta lettre du 18 frimaire (8 décembre 1793); les quatre brigands sur lesquels elles contenait des renseignements ont été jugés de suite. Ils subiront ce jour la peine due à leurs crimes ; quand tu nous enverras des renseigne-