‹ Légendes révolutionnairesChapitre 74 sur 165 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

LÉQEiNDES RÉVOLUTIONNAIRES.

ments sur les cinq derniers, prompte justice sera faite.... Sois tranquille, la tête des coupables tombera; nous en avons hier condamné sept. Vive la République !

Mais envoyer des brigands à Nantes, c'est bien long ; et puis décidément la guillotine est trop lente. Muscar écrit donc aux membres de la commission Lenoir, le 8 nivôse an II (28 décembre 1793) :

Encore sept brigands de fusillés hier. Tous les jours ce Jeu patriotique va se reproduire, bien décidé à donner la chasse à mort à tous ceux qui infestent encore ces environs ; j'espère qu'aucun n'échappera à mon activité et à ma haine implacable contre tout ce qui ose fouler aux pieds les lois saintes de la République i.

L'accusateur public de Nantes, le citoyen David-Vaugeois, avait sans doute réclamé, trouvant que le commandant du château d'Aux rognait un peu trop l'office de la guillotine. Toujours est-il que Muscar lui écrit le 2 floréal (21 avril 1794) :

Je vous envoie une petite collection de brigands, au nombre de quarante-cinq, que j'ai fait prendre hier au Pont- Saint-Martin. Yous en nourrirez la guillotine. Le citoyen Beilver, ce fléau des brigands, vous donnera des renseignements plus circonstanciés sur ces coquins. Que ne puis-je vous envoyer toute l'armée de Gharette !

Le lendemain :

Je t'envoie Beilver, pour vous donner des renseignements sur les brigands que vous allez juger. Il porte une pièce de conviction trouvée chez eux : un habit de volontaire percé de balles et coupé de coups de sabre. D'ailleurs, il ne faut pas de grands renseignements sur le compte de gens qu'on est moralement sûr d'avoir été avec les brigands : le tact

1. Lettre originale de la main de Muscar. (Archives du greffe de Nantes.)

LE BRIGADIER MUSCAR. 163

révolutionnaire doit plus faire dans ces procès que les formes i.

Muscar commandait au château d'Aux pendant que Carrier commandait à Nantes. Il eut l'honneur de recevoir la visite du proconsul et de l'héberger pendant trois jours au château. Carrier avait emmené avec lui la femme du directeur de l'hôpital de l'Égalité 2. Un témoin se rappelait ce détail, qu'au moment du départ, la dame, entendant le représentant qui venait la prendre dans sa voiture, descendit à moitié habillée, et tenant dans la main le portrait de Carrier qu'elle n'avait pas eu le temps de se passer au cou 3.

Carrier était encore à Nantes, lorsque Muscar y envoya, dans la seconde quinzaine de janvier 1794, cent cinquante paysans saisis dans la commune de Saint-Aignan *. C'était les envoyer à la mort.

Et ce n'est pas tout. « Ce brave soldat, » ce « brave homme, » — oh ! monsieur Duruy ! — était un fusilleur de femmes.

Le 7 germinal an II (27 mars 1794), Muscar écrivait au général Vimeux : « J'ai dans les prisons douze brigandes qui ont été condamnées à la peine de mort. 11 y a, dans ce nombre, des mères qui ont des enfants à la mamelle; c'est ce qui a fait suspendre l'exécution. J'ai consulté sur la conduite que j'avais à tenir les représentants ; ils ne m'ont pas encore répondu. 11 est ce-

\. Alfred Lallié, op. cit., p. 13.

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