‹ Légendes révolutionnairesChapitre 79 sur 165 · Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. I, p

LE BRIGADIER MUSCAR. 171

les documents officiels, que les femmes furent condamnées ^ et que les jeunes filles elles-mêmes, bien loin d'être mises en liberté, furent renvoyées devant le tribunal révolutionnaire. Le greffe du tribunal de Nantes ne possède plus que deux des jugements rendus par le conseil militaire du château d'Aux et signés tous deux par Brutus Hugo. Le premier condamne à la peine de mort Marie Brossot, femme Joseph Gautier, âgée de trente-quatre ans, coupable d'avo/r fait du pain pour alimenter son mari, brigand. Le second a trait à une jeune fille âgée de quinze ans, Jeanne Onillon, accusée « d'avoir porté le fusil d'un brigand, son oncle, qu'elle a dit être saoul. » En voici le texte :

Le Conseil, considérant que cette fille, n'étant âgée que de quinze ans, a été sous la dépendance de ses parents, dont son âge lui a fait suivre l'impulsion, n'est pas moins coupable que sa mère déjà condamnée à mort, décide qu'elle sera renvoyée devant le tribunal révolutionnaire, pour qu'il prononce sur les peines que la loi inflige aux personnes trop jeunes pour être punies de mort 2. »

Je n'insiste pas, et je me borne, en finissant, à tirer des pages qui précèdent cette petite moralité. Lorsqu'on écrit à Paris, fût-ce dans la i^ei^we des Deux Mondes, il ne faut pas dédaigner les humbles travailleurs qui mettent à profit les loisirs que leur fait la province pour écrire patiemment, consciencieusement, des livres qui, s'ils ne font pas de bruit, n'en font pas moins de bonne besogne. Dans le cas présent, on vient de le voir, M. Albert Duruy ne se serait pas mal trouvé d'avoir

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