‹ Légendes révolutionnairesChapitre 82 sur 165 · Marteville, Dictionnaire d'Ogée, t. II, p · texte numérisé non relu

Marteville, Dictionnaire d'Ogée, t. II, p

2. Lettre de Carrier du 2 octobre 1793, Revue rétroapecllve, t. V, p. 101.

3 Ibidem.

LA LÉGENDE DE LEPEHDIT. 18o

Si je ne m'abuse, la démonstralion est faite. El pourtant que d'autres preuves ne serait-il pas facile d'ajouter à celles qui précèdent ! Les créateurs de la légende nous montrent la municipalité do Rennes chargée par Carrier de dresser les listes de proscription, et si elle n'en a pas été chargée, lout s'écroule : la légende n'a plus de base. Or il est certain qu'à aucun moment ce soin ne regarda le maire et les officiers municipaux. Dès son arrivée à Uennes, Carrier organisa un comité de surveillance, et c'est ce comité — dont Leperdit ne faisait pas partie — qui était seul chargé de dresser les listes de suspects, de décerner contre eux les mandats d'arrêt, d'apposer les scellés sur leurs papiers K

Il faudrait, d'ailleurs, admettre que Carrier, arrivé à Rennes le 1*"" septembre, aurait attendu vingt jours avant de commencer à s'occuper de l'objet de sa mission, qui était précisément de mettre la main sur les suspects. On sait de reste qu'il ne poussait pas jusquelà l'indifférence en matière d'arrestation.

Quant à l'épisode des prêtres arrachés à la prison par Leperdit et au fameux mot : Ils n'étaient pas hors Vhiimanité, là encore l'invention est criante. L'action des officiers municipaux sur les prisons était étroitement limitée. Ni le maire, — et encore une fois Leperdit ne l'était pas — ni à plus forte raison un simple officier municipal ne pouvait faire élargir un prisonnier. Les officiers municipaux pouvaient bien ordonner des arrestations, mais ils ne pouvaient pas ordonner des mises en liberté.

Un dernier mot : Carrier, dont les pouvoirs étaient illimités. Carrier, qui venait de nommer Leperdit officier municipal, aurait-il souffert que le petit tailleur de

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