Albert Macé, p
Rennes se mît ainsi au-dessus du représentant du peuple, de l'envoyé de la Convention et du Comité de salut public ? Un historien très favorable pourtant aux hommes et aux choses de la Révolution, M. Marteville, n'a pu s'empêcher d'en faire la remarque. « Il nous semble, dit-il, qu'on a exagéré cette noble vie quand on a représenté Leperdit comme résistant ouvertement à Carrier. On ne résistait pas ainsi à ce proconsul furibond. Qui ne sait qu'il osa même défendre par un arrêté d'obéir à son collègue Tréhouart, qui lui avait enlevé quelques victimes, et que ce fut aux yeux de la Convention le crime qui fit tomber sa tête ? Si Carrier proscrivait son égal, comment eût-il supporté la résistance d'un simple officier municipal 1 1 »
On voit maintenant s'il est sérieux de représenter Carrier quittant Rennes de dépit, parce qu'il a trouvé son maître dans Leperdit et que ce dernier lui rend impossible l'accomplissement de sa mission. Cette mission, il l'a si bien remplie qu'il peut écrire, le 2 octobre, à la Convention :
Tous les conspirateurs, tous les gens suspects de Rennes et des environs tombent, sous la main des patriotes ; nul n'échappe à notre vigilance ; nous retendons tout aussi loin qu'il nous est possible. J'envoie à mon collègue Sevestre 2 la liste de tous ceux qui sont en arrestation, et certes elle n'est pas courte. Nous envoyons partout des détachements, partout nous trouvons et nous arrêtons des coupables 3.
Carrier quitta Rennes, parce que le Comité de salut public, jugeant sa présence nécessaire à Nantes, lui donna l'ordre de se rendre dans cette dernière ville.