Moniteur du 10 prairial an III, p
route Esnue-Lavallée et lui demande s'il peut sans danger aller à Laval. Celui-ci l'en assure et le fait monter dans sa voiture. On arrive à Rennes, et Esnue-Lavallée le fait jeter en prison, puis traduire à Laval devant la commission militaire et révolutionnaire de la Mayenne ^.
Dans la séance de la Convention du 5 floréal an 111 (24 avril 1795), une députation des habitants de Laval vint dénoncer les horreurs commises dans cette ville par Esnue-Lavallée 2. Elles avaient un tel degré d'atrocité que l'assemblée le décréta d'accusation 3. il n'échappa à l'échafaud que grâce à l'amnistie du 25 vendémiaire an IV. A Rennes même, peu de temps avant d'installer la nouvelle municipalité, le 10 nivôse an II (30 décembre 1793), il avait accepté de s'asseoir, dans un banquet public, à côté du bourreau.
Tel fut le patron de Leperdit, celui qui le jugea digne d'être maire. Peut-on dire que Leperdit ait trompé sa confiance? Sans doute il ne prit l'initiative d'aucun crime, et c'était quelque chose, je le reconnais, en ces temps abominables. Mais de ce qu'il n'a pas été un monstre, s'ensuit-il qu'il ait été un héros? La vérité est que, du 24 février 1794, jour de son installation à la mairie, jusqu'au 27 juillet, jour de la chute de Robespierre, tant que dura la Terreur, il laissa le sang couler à flots dans sa ville. Sous le consulat de Leperdit, Rennes ne compta pas moins de deux tribunaux criminels, siégeant tous les deux en même temps : le tribunal criminel d'Ille-et-Vilaine, présidé par Bouassier, devant
1. Séance de la Convention du 5 prairial an III, discours de Defermon, représentant d'IUe-et- Vilaine.