‹ Légendes révolutionnairesChapitre 88 sur 165 · Archives municipales de Rennes. — Albert Macé, p · texte numérisé non relu

Archives municipales de Rennes. — Albert Macé, p

militaires devaient être remplacées sur-le-champ par les administrateurs sous la surveillance des municipalités.

L'agent national formula ses conclusions ; puis le conseil chargea deux de ses membres de se rendre dans les maisons de charité pour communiquer l'arrêté aux religieuses et les prévenir qu'en cas de refus de serment elles seraient incarcérées. En même temps, il décida que celles qui se seraient retirées dans leurs familles, et qui ne se présenteraient pas pour prêter le serment et remplacer celles qui seraient mises en état d'arrestation, seraient également arrêtées i.

Voilà les faits. Ils ne ressemblent guère au roman d'Emile Souvestre et des historiens qui l'ont copié.

N'y a-t-il donc pas eu au moins un jour — un seul — où le maire Leperdit se soit héroïquement conduit ? La scène de l'hôtel de ville au temps de la disette, l'émeute grondant sur la place de la commune, Leperdit criant au peuple du haut du balcon : « Je vous apporte ma vie ! » le maire ne voulant d'autre arme que son écharpe, défendant aux soldats d'intervenir, descendant seul sur la place, blessé d'une pierre au front et adressant à ceux qui le lapident ces paroles d'une mansuétude sublime : ce Mes amis, que ne puis-je, comme Jésus, changer ces pierres en pains ? Que ne puis-je vous nourrir de mon sang? » — Cette scène au moins, qui a inspiré à Michelet de si fiers accents, est-elle vraie?

Elle n'est pas plus vraie que les autres. 11 suffit,

Page 1