‹ Légendes révolutionnairesChapitre 89 sur 165 · Albert Macé, loc. cit · texte numérisé non relu

Albert Macé, loc. cit

pour s'en convaincre, de parcourir les registres de la municipalité, du 24 février 1794, jour de l'installation de Leperdit comme maire, au 5 novembre 1795, jour où il cessa ses fonctions.

Pendant cette période de vingt mois, il n'y eut qu'une seule émeute causée par le renchérissement des subsistances. 11 est vrai qu'elle dura trois jours, les 11, 12 et 13 pluviôse an III (30 et 31 janvier, l^"" février 1795). Leperdit lui-même et ses collègues ont consigné dans le volume de leurs délibérations le récit détaillé des divers incidents qui marquèrent ces trois journées.

Voici le procès-verbal du 30 janvier :

L'an trois de la République française, une et indivisible, l'onze pluviôse, huit heures du matin, nous maire et officiers municipaux de Rennes, savoir faisons qu'on est venu prévenir à la maison commune qu'il régnait un désordre affreux à la distribution du pain à l'annonerie i. Le maire s'y est sur-le-champ rendu, le commandant temporaire y a fait venir une force armée, trois femmes séditieuses ont été arrêtées. Le maire a donné ordre de les faire conduire au corps de garde et de prendre des renseignements sur leur compte. Cet ordre a été mal exécuté : la force armée a conduit ces trois femmes vers la prison de la Tour-la-Montagne. Le général Hoche a rencontré la patrouille et a fait relâcher ces trois séditieuses. Le bruit public nous a appris que ce général a dû promettre au peuple que le pain de six livres, dont le prix est fixé par la pancarte à 50 sols, serait réduit à 30 sols, et que demain le pain serait distribué sur ce pied. La distribution du pain faite, le calme s'est rétabli.... Nous avons été injuriés par le peuple en chemin pendant notre retour à la maison commune, où nous avons rédigé le présent 2.

1. Vannonerie ou entrepôt de grains (de annona, la récolte de l'année) était située sur le Pré-Botté, dans l'emplacement actuellement occupé par la Halle aux Toiles.

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