Les Autographes, par M. de Lescure
3. Lorsque Napoléon résolut d'élever, à la barrière de l'Étoile, l'arc de triomphe colossal, qui ne fut achevé que sous le règne de Louis-Philippe, il chargea Chalgrin de faire le plan du monument et d'en suivre la construction. Chalgrin mourut le 21 janvier 1811.
l'institut de FRANCE. ±2^
caplivilé à la Conciergerie : « Mlle de Véniel, elle élail digne d'un père aussi célèbre, dont elle parlait sans cesse avec le respect filial et l'admiration d'une âme fortement éprise des beaux-arts. Elle a cru, jusciu'à son dernier moment, que c'était le féroce David qui la conduisait à l'échafaud. David faisait périr la fille de Vernet 1!... »
Soit, dira-t-on, la Convention a supprimé les Académies, elle a même supprimé des académiciens, guillotiné leurs fils ou leurs femmes ; mais à tout péché miséricorde. 11 doit lui être beaucoup pardonné, parce qu'elle a fondé Vlnstltut national, et que cette création suffit à lui mériter la reconnaissance de tous ceux qui ont l'amour des lettres, et le culte des sciences et des arts. — Pardon, la Convention n'a pas le moins du monde créé Vinstitut, tel qu'il existe actuellement pour le plus grand profit et le plus grand honneur des arts, des sciences et des lettres ; elle a — ce qui est bien différent — établi un certain Institut, qui n'était pus viable et qui n'a pas vécu.
Le 25 octobre 1795 (3 brumaire an IV), elle a voté iu extremis (on sait qu'elle a disparu le 26 octobre) une Loi sur V instruction publique , dont le litre IV était consacré à l'organisation d'un « Institut national des sciences et des arts. »
Quelle était cette organisation?
Aux termes de l'article 8 du décret du 25 octobre,
1. Mémoires cVun détenu, pour servir à Vhisloirc de la tyrannie de Robespierre, par H. Uiouire.
LÉGENDES RÉVOLUTIONNAIRES. là
2â6 LÉGENDES REVOLUTIONNAIRES.
l'Institut était divisé en trois classes : F'' classe : Sciences physiques et mathématiques. — IP classe : Sciences morales et politiques. — HP classe : Littérature et Beaux- Arts.
Cette division a disparu. Au lieu de trois classes, il y a aujourd'hui cinq Académies. Ce qui a disparu également, c'est la prééminence accordée aux sciences physiques et mathématiques. Ce n'était pas sans dessein que la Convention leur avait assigné le premier rang. Dans son rapport du 8 août 1793, après avoir violemment pris à partie l'Académie française, Grégoire avait fait l'éloge de l'Académie des sciences. « On ne reproche guère, disait-il, aux académiciens voués à la culture des sciences cet esprit de corps qui est aux sociétés ce que l'égoïsmeestaux individus. » Le projet de décret dont Grégoire, à la suile de son rapport, avait donné lecture, au nom du comité de l'instruction publique, portait dans son article 2 : « L'Académie des sciences demeure provisoirement chargée de divers travaux qui lui ont été renvoyés par la Convention nationale ; en conséquence, elle continuera de jouir des attributions annuelles qui lui sont accordées, jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné i. » Cet article ne fut pas voté, la Convention s'étant bornée, le 8 août 1793, à supprimer purement et simplement toutes les académies et sociétés littéraires. Mais le 15 août suivant, elle rendit un décret qui autorisait les membres de la ci-devant Académie des sciences à continuer provisoirement leurs réunions. Ce décret était ainsi conçu :
Les membres de la ci-devant Académie des sciences continueront de s'assembler dans le lieu ordinaire de leurs