Comte Henri Delaborde, p
aux comédiens les portes de l'Institut. Toujours par suite d'une étroite et fausse interprétation de ce principe, ils édictèrent, dans leur article 4, l'interdiction suivante : « Aucun membre ne peut appartenir à deux classes différentes, mais il peut assister aux séances et concourir aux travaux d'une autre classe. » Aujourd'hui, chaque membre peut appartenir à plusieurs académies différentes i, et aucun membre ne peut assister aux séances et concourir aux travaux des académies auxquelles il n'appartient pas. Sur ces deux points, ainsi du reste que sur tous les autres, à peu d'exceptions près, l'Institut actuel est précisément l'opposé de rinstitutdel795.
Article 5 : « Chaque classe de l'Institut publiera tous les ans ses découvertes et ses travaux. » Il est peut-être fâcheux que cette disposition soit tombée en désuétude; mais il ne me paraît pas que nos académiciens en aient aucunement souci. L'Académie française, en particulier, en prend fort à son aise avec ce malheureux article 5. Elle le tient pour suffisamment rempli, le jour où elle publie une petite note annonçant, avec une infatigable constance, que « l'Académie a continué de travailler à son dictionnaire historique. »
Article 6 : « L'Institut national aura quatre séances publiques par an. Les trois classes seront réunies dans ces séances. — Il rendra compte tous les ans, au Corps
1. A l'heure actuelle (juillet 1892), onze membres de l'Académie française appartiennent également à d'autres académies. Ce sont: MM. le duc d'Aumale, Bertrand, Boissier, Duruy, de Freycinet, Gréard, de Lesseps, Pasteur, Léon Say, Renan, Jules Simon. M. Duruy est membre de l'Académie française, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et de l'Académie des sciences morales et politiques. — M. le duc d'Aumale est membre de l'Académie française, de l'Académie des sciences morales et politiques et de l'Académie des beaux-arts.
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législatif, des progrès des sciences et des travaux de chacune de ses classes. » Au lieu de quatre séances publiques annuelles, les cinq Académies n'en ont qu'une seule. Quant au compte rendu au Corps législatif, il ne saurait plus, grâce à Dieu, en être question. Les hommes éminents qui composent nos Académies ne sont pas réduits à l'humiliation de passer sous la férule des assemblées politiques.
Restait à déterminer les conditions dans lesquelles s'opérerait le recrutement des trois classes. L'article 10 y pourvoyait en ces termes : « L'Inslitut une fois organisé, les nominations aux places vacantes seront faites par l'Institut, sur une liste au moins triple présentée par la classe où une place aura vaqué. » Encore une disposition qu'il a fallu rejeter. Ce mode d'élection enlevait à chaque classe son autonomie, ce qui faisait sa physionomie propre, sa personnalité. Il constituait en dernier ressort juges des choix ceux qui étaient hors d'état d'apprécier les titres. « Les nominations aux places vacantes dans chaque classe, dit encore ici très bien M. Delaborde, étaient faites, non par les membres de la classe même, mais parVInslilut tout entier, en sorte que, dans un scrutin ouvert pour l'élection d'un mathématicien ou d'un artiste, les voix de ceux qui n'étaient ni artistes ni matliématiciens pesaient du même poids et influaient sur le résultat avec la même autorité légale que les voix des juges les mieux informés parleurs études personnelles et par les travaux de toute leur vie U » Et encore M. Delaborde ne dit-il pas assez, lorsqu'il écrit que les voix des juges sans compétence pesaient du même poids que celles des juges compétents et vraiment informés. Les voix des premiers