LES FEMMES SELON LA BIBLE. XXXV
A une époque de persécution, les Juifs ne pouvaient pas garder leurs lettres de divorce, ni leurs actes appelés prazboul^ parce que le gouvernement païen défendit la pratique des lois religieuses et nationales [V. traité Khetbouboth, fol. 89, recto; v. aussi traité Gbitin, fol. 64]. Or, le prozboul avait un caractère national, puisque c'était pour satisfaire à une loi mosaïque qu'on récrivait [V. plusbas^ p. 15 et 16]. Mais la lettre de divorce n'avait rien de religieux. Voici ce qu'elle contenait à l'époque de la mischnab : Rouben, fils de Jacob, demeurant dans telle ville, dit à Leah fille de Laban qui est son épouse : Tu es désormais libre pour tout le monde [tu peux te marier à qui tu voudras]. Rabbi Joudahdit qu'il faut ajouter expressément que c'est par cette lettre que la femme devient libre [V. traité Ghitin^ fol. 85]. Rabba parle aussi de la formule de la lettre de divorce [ibidem] et il n'ajoute rien de religieux, ni de national. Il n'était pas nécessaire d'écrire la lettre de divorce en hébreu ou en chaldéen. La mischnah dit qu'on pouvait l'écrire en grec [ibidem^ fol. 87, verso] [ou en latin]. Comment donc le gouvernement romain, voulant empêcher les pratiques religieuses, comme la circoncision, l'observation du sabbath, pouvait-il avoir l'idée de défendre aux Juifs d'écrire en grec ou en latin, des lettres de divorce où il n'y avait rien de «religieux, ni de nationalf II en résulte que le fait seul d'écrire ces lettres était un usage national; les païens n'écrivaient pas du tout de lettres pareilles; ils renvoyaient leurs femmes sans aucune lettre; de sorte qu'une femme païenne renvoyée verbalement par son mari pouvait se remarier .
Du reste, on pourrait admettre a priori^ sans invoquer aucun passage, que dans l'antiquité païenne on divorçait