OHBR ET THOSCHAB DANS LA BIBLE. LXIX
qui lui est défendue, par bravade [hejad ramah]y il blasphème Dieu, et il sera puni [Nombres, XV, 26-30].
On sait que les païens faisaient souvent des sacrifices au Temple de Jérusalem comme les Juifs, tout en restant païens; mais on n'acceptait pas d'un païen ce qu'on refusait à un Juif; ainsi le païen ne pouvait pas ofbrir au Temple un animal mutilé, et en général, il devait se conformer aux mêmes exigences qu'on imposait aux Juifs^ d'autant plus que le gher n'était pas obligé d'offrir au Temple quoi que ce soit, et qu'il ne le faisait que quandilleDoutot7[Liévitique, XXII, 18-25; Nombres, XY^ <4-16]/
Un Juif ne pouvait pas à l'état d'impureté entrer dans le Temple, ni toucher de choses saintes [Nombres, XIX, 13]. Le païen qui voulait entrer dans le Temple, devait se purifier comme les Juifs [ibidem^ verset 1 0; Lévitique, XVn, 16] [1].
Enfin s'il voulait offrir un sacrifice à Jehovah, il devait Toffirir au Temple, comme les Juifs, et non pas ailleurs [Lévitique, XVD, 8].
3) Un motif moral a fait défendre aux païens d'oflHr en Palestine au molokh des sacrifices humains [Lévitique, XX, 2]. « Vous ne commettrez pas ces actions scan- « daleuses [thoeboth]^ ni le Juif ni le gher qui demeure « parmi vous » [Lévitique, XVIII, 26]. Ces actions scandaleuses [tho^th] sont la pédérastie que l'Ecriture appelle ihoebah [ibidem^ verset 22] et l'inceste avec un animal qu'elle appelle thebel [ibidem, verset 23], action honteuse.
|l] On commande ici de se purifier sons peine de commettre an péché si OQ ne le fait pas ; cela Teat dire, s*il entre dans le Temple oa s*il tonche des '^bjeu sacrée avant de s'être purifié.
LZX INTRODUCTION.
En somme, le gher était un véritable païen, il n'était soumis par la loi mosaïque ni à la circoncision , ni à aucune autre cérémonie religieuse. On lui défendait seulement de se nourrir de sang comme les barbares antiques ou les Esquimaux de nos jours, d'offrir à Molokh des sacrifices humains j de s'adonner à la pédérastie ou à des rapports avec un animal, et on ne le laissait pas injurier ou mépriser le Dieu d'Israël par le blasphème, ou par un acte de bravade, ou en offirant des sacrifices à Jéhovah d'une façon contraire aux lois établies pour ces sacrifices; mais il n'était nullement obligé d'offrir un sacrifice quelconque à Jéhovah, ni de manger de l'agneau pascal, ni d'observer aucune loi concernant l'impureté, s'il ne voulait pas entrer dans le Temple ou toucher des objets saints. Enfin, le gher travaillant comme homme de peine chez les Juifs qui le nourrissaient pour son travail, il ne pouvait pas pendant la fête de Pâques manger du pain levé que les Juifs ne pouvaient pas même garder dans leurs maisons. U est probable aussi, que le gher^ l'étranger païen qui demeurait en Palestine, devait se conformer aux lois civiles du pays établies par Moïse. Il était donc utile qu'il s'engageât à observer ces lois civiles [Y. Deutéronome, XXIX, 10] et qu'il les apprit [Deutéronome, XXXI, 12], ainsi que les lois morales susmentionnées.
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Las pai«ns séloii le Thalmiid an point de vne réliglenz.
Je veux examiner dans ce chapitre les opinions des docteurs du Thalmud concernant les païens au point de vue religieux. D'après la mischnah les païens auront,
LES PAiBNS AU POINT DE VUB REUOIBUX. LXXI
comme les Jui&, leur part dans le monde futur. C'est aussi l'opinion de rabbi Josué, qui exprime cette idée très explicitement dans une beraStha [V. ma Législation eivile, tome Y, p. 99].
On sait que d'après les docteurs du Thalmud le mariage était un commandement obligatoire pour tout Israélite; celui-ci devait épouser une femme pour avoir des en&nts. Us n'en dispensaient que ceux qui avaient déjà des enfants. Si un païen a eu des enfants avant de 8*ètre converti au Judaïsme, quoique ces enfants soient restés païens, rabbi Johanan dit qu'il n'est pas obligé de se remarier ; car il a déjà satisfait au commandement en question. On est obligé, dit rabbi Johanan, de se marier, parce que le prophète Esale dit: a Dieu n'a pas créé le monde pour qu'il soit un désert, mais pour qu'il soit peuplé » [Esaïe, XLY , i 8] ; or, notre prosélyte a déjà contribué à la propagation de l'espèce humaine^ puisqu'il a des enfants païens [V. ma Législation civile, tome V, p. 343].
Rabbi Âkiba, le plus célèbre docteur en Israël, avait l'habitude de dire : L'homme [juif ou païen] est la créar tore bien-aimée de Dieu, puisqu'il a été créé à son image [ibidem^ p. 155].
De là le principe admirable de tolérance et de souci pour la dignité humaine, principe admis par tous les docteurs du Thalmud sans exception aucune, d'après lequel il est défendu de faire commettre à un païen à son insu un péché. [Y. plus bas, p. 35.)
Les païens pouvaient offrir des sacrifices dans le Temple de Jérusalem ou des objets du culte pour les synagogues. [Y. plus bas, p. 19, et ma Législation civile, tome V, p. 61 .]
LXXn INTRODUCTION.
Rabbi Elazar dit : Moïse a ordonné d'offrir 70 taureaux [partm] en sacrifices d'expiation dans le Temple de Jérusalem pendant les sept jours de la fête des tabernacles, c'était pour que Dieu pardonnât les péchés à tous les peuples païens de la terre. [Y. plus bas, p. 54.]
Rab Joseph dit : Un enfant païen devenu prosélyte [avec le consentement de son père, ajoute Raschi] a le droit de déclarer sa conversion nulle et de sortir du judaïsme pour retourner au paganisme, quand il devient majeur.
Las f onctioiuialres et les diires persans et romains.
Jusqu'à présent j'ai cherché à prouver par de nombreux passages tirés de la Bible et du Thalmud, que les Juifs vivaient en général avec leurs voisins païens en bonne harmonie, et que les lois thalmudiques envers les païens étaient, comme celles de la Bible, empreintes de la tolérance la plus parfaite, et du respect dont les docteurs étaient pénétrés pour la dignité de l'homme quel qu'il soit, car, comme dit rabbi Akiba : Tous les hommes, juifs et païens, ont été créés à l'image de Dieu [Y. plus haut p. Lxxi], et comme l'a dit la Mischnah : Dieu n'a créé qu'un seul homme, Adam^ dont les enfants devaient peuplertoute la terre, pour quêtons les hommes se considèrent comme frères, égaux entre eux^ et que l'un ne puisse pas dire à l'autre qu'il est du sang plus noble que l'autre [V. p. Lv]. Cependant il y a des passages dans le Thalmud dont on pourrait tirer des conclusions contraires. Dans ces passages on parle des païens auxquels on attri-
LES FONCnONNAIRES ET LES SBIRES PAIENS. LZXm
buait tons les crimes, le vol, le brigandage, même l'assassinat et les vices les plus honteui, et certaines opinions se ressentaient de cette détestable renommée des idolâtres [V. ma Législation civile, tome V, p. 107]. On a vu [dans ma Législation civile, tome II, introduction^ p. xxvin] que ces passages ne désignent qu'une certaine classe de païens, et non pas tous les paSens. Mais quelle était cette classe de païens si pervers qu'ils étaient capables de tous les crimes, et si puissants qu'on avait peur de les désigner clairement? Avant de répondre à cette question, il faut d'abord examiner la position des Juifs de l'époque thalmudique et leurs relations avec les païens, et surtout avec le gouvernement persan ou romain.
Les Juifs s'occupaient, à l'époque thalmudique, presque exclusivement d'agriculture, et ils habitaient seuls leurs pays, il n'y avait guère parmi eux de cultivateurs païens ; seulement dans les grandes villes il y avait des garnisons de soldats païens. En voici les preuves :
a) Rab Houna dit, qu'il ne faut pas acheter un hadas [une des 4 plantes qu'on employait pour la solennité de la fête des tabernacles] d*un païen, car il provient presque toujours du brigandage ; ce païen a enlevé le champ à des Juifs et il en vend les plantes [Y. traité Soukhah, fol. 30, recto, et plus bas, p. 53]. Est-ce que les païens de cette époque n'avaient pas de champs à eux ? Les cultivateurs païens ne demeuraient pas parmi les Juifs qui n'avaient parmi eux que la garnison de soldats, lesquels ne possédaient pas de champs.
6) Rabba dit : Quand nous étions chez rab Nahaman, aussitôt que les jours de pâque étaient passés, il nous disait: Allez acheter <lu pain hametz [pain levé] chez les